mercredi, septembre 26, 2007

Télévision.

Cet après-midi, après voir mangé une fondue arrosée de williamine et de quelques cafés je me suis – nous nous sommes vautrés devant la télé. En passant d’un programme l’autre on s’est mis à penser aux vieux et aux malades, aux chômeurs et aux glandeurs à tous ceux qui n’ont ni le goût ni la possibilité de faire autre chose et alors là ! Mes aïeux… ! Quelle horreur ! Entre un documentaire sur les fourmis tueuses, les dessins animés pour tout petit et presque encore petit mais déjà presque grand, encore des bestioles et qui causent, qui se bouffent le naze et se tapent dessus naturlich, sans rien dire des rediffusions des vieilles merdes yankees qui n’ont d’autre effet que de foutre en l’air la nostalgie, et les vieux polars fachos allemands pour couronner le tout d’un chapeau air-du-temps de Weltgeist en forme de poltergeist. Et c’est pas tout parce que même le bon doit donner aux vieux et malades l’envie de quitter au plus vite cette planète de merde noire comme le continent africain – et pour ceux qui pourraient croire qu’il n’y a que les noirs quoi soient noirs et pas la nuit et c’est naturellement de la nuit que je cause, comme celle s’abat sur le Zimbabwe du sieur Mugabe celui-là même qui se fait applaudir par les chefs d’Etats africains tandis que des millions de ses sujets fuient le pays pour trouver de quoi bouffer un peu et c’est pas être raciste de pousser un coup de gueule sur ce continent bouffé par la corruption des élites qui ont trouvé dans le pouvoir politique un bon moyen pour s’en mettre plein les poches tandis que les peuples crèvent la dalle. Après ça les malades doivent entrer en agonie parce que ça peut pas ne pas rendre encore plus malade qu’on est de voir des choses pareilles. Nous qui sommes bien portant, enfin je crois, ça nous fait ni chaux ni froid et comme on dit peu me chaut. Parce que si l’Afrique est bien le berceau de l’humanité c’est tout naturellement que les berceaux finissent toujours par sentir la merde. Déjà à l’origine il parait qui nous avons fuit ce continent aussi je ne comprends pas que quelques uns y soient retournés. Ils auraient dû se renseigner. Aller vivre parmi les hyènes, les lions, les éléphants, les serpents, les buffles, les girafes, les phacochères, les impalas, la gazelles, et milles autres bestioles pas vraiment fréquentables y fallait un sacré culot. Mais à ce propos y aura bientôt plus de souci, plus que des musées et quelques ghettos. Et parmi la misère ambiante aussi quelques oasis paradisiaques entourées de barbelés pour milliardaires pourris. On est pas obligé toujours de faire dans la dentelle… comme partout il suffit de distribuer quelque poignées de dollars dans les bonnes poches et là bas les prix c’est pas comme à Tokyo London ou Zurich et quand un flic botte le cul d’un zimbabwéen ça fait pas la une de Match ou de la NZZ. Nos vieux en sont bien conscients. Bon, on voulait juste dire combien on se fait chier devant la télé un après-midi sans soleil, parce que nous n’avons rien dit de la pub. On peut pas, on l’a déjà tout vomie.

mardi, septembre 25, 2007

Crime passionnel.

Je viens juste de me réveiller, il est tout juste 06.30 et 10 minutes après 2 cafés et 2 cigarettes et après avoir pensé à Walser et à Céline – allez savoir pourquoi – et pensé que Walser était chou – fou avec un accent – j’allume la 3ème. Vaguement songé aussi à ce que je pourrais écrire aujourd’hui qui restât sinon dans les annales tout du moins dans l’anal de l’histoire de la littérature parce que c’est le moins que je puisse faire avec un QI de 123. Je pense aussi à tous ces types du 20ème siècle qui sont dans notre histoire littéraire et qui furent fascistes ou d’extrême droite et qui passèrent à l’extrême gauche et aux autres qui firent le contraire et je me demande pourquoi une chose pareille peut arriver. En pleine rêverie comme dirait Bachelard et sûrement hanté par la folie je me suis projeté dans la tête d’Hitler et j’ai voulu voir – c’est un comble ! – comment, pourquoi, qu’est-ce qui ce passe ? – tandis qu’à une certaine époque il défendait les Juifs et même il les aimait bien – a-t-il pu vouloir désirer les exterminer – Et le matin dans sa tête ne lui est-il jamais arrivé de se dire – mais qu’est-ce qui m’est arrivé ? UN CRIME PASSIONNEL ? Tous ces mariages d’amour qui finissent en divorces féroces – Toute cette passion amoureuse qui finit en passion meurtrière… et comme on est ici toujours dans l’intertextuel ça fait pas un pli, surtout ici, que dans tout le net et sa flouité que je pourrais trouver des arguments pour et des arguments contre cette thèse. Mais c’est plus mon genre. Là aussi j’ai changé. Avant, j’allais dans mes bouquins, frénétiquement je tournais des pages à la recherche d’un mot que je notais puis un complément et je construisais un édifice dont la seule ambition fut qu’il tienne debout. En somme j’étais dans l’articulation des CONCEPTS. Ce n’est pas que j’aie peur de devenir fou mais je me demande seulement si c’est le monde ou moi qui le devient. C’est une bonne question non ? Parce que en devenant fou soi-même on ajoute forcément de la folie au monde – une forme de pollution. Parce qu’en matière de pollution j’en connais au rayon – le matin. Le matin j’aime bien faire l’amour encore à moitié endormi sinon complètement comme Adam – référence de merde naturellement. Mais quand je suis seul dans mon lit je lis une main sur mes couilles alors forcément se mélange l’ignoble et le sublime – une histoire en abîme. Sûrement on ne devrait jamais dire « je » mais « on » parce qu’on est toujours nombreux, au moins 2 mais plus fréquemment 3 c’est bien connu. Tirés à hue et à dia. Heureusement qu’on conserve en toute circonstance une certaine souplesse ! Que nos rapports aux choses sont élastiques. On dit heureusement pour malheureusement parce lorsqu’elles vous reviennent en pleine gueule ! On est comme l’homme qui dort. Le réveil est brutal. Le monde minuscule. Une image floue, une Weltanschauung. Surgissent des icônes qu’on a pas choisies et des associations douteuses et on est dans tous ces états. Des Etats déchirés comme l’Ukraine dont j’ai regardé hier soir un reportage à la télé, un Etat divisé, mais là Huntington a raison de dire « déchiré ». A hue et à dia. Tous ces craquements sont la rumeur du monde – et ma toux alors ! Bordel, si un battement d’aile d’un papillon peut provoquer une catastrophe là-bas pourquoi pas une quinte de toux ! Quand je disais que je polluais, pardon, qu’on polluait.

lundi, septembre 24, 2007

Le sens et moi.

« L’ours et la théorie de la morale ».

Ce titre me fait penser à ce witz déjà raconté. Un cours de sciences-nat, les étudiants doivent pondre un écrit sur l’éléphant. Un allemand rend sa copie, titre : la puissance de l’éléphant. Puis c’est un Français : la vie sexuelle des éléphants. Vient un Anglais : la chasse à l’éléphant, enfin un juif indéterminé rend sa copie, titre : l’éléphant et la question juive.

Mais bon, pour comprendre l’incompréhensible humain on s’est mis dans la peau d’extraterrestres, de hérissons, de sauterelles et j’en passe, vu que nous devons être tout ça à la fois. Le Moi est dans le même rapport au monde. Comme un étranger, un exilé qui doit apprendre chaque jour une nouvelle langue. La langue du lieu, la langue maternelle, celle des sourds muets, sans parler de la logique, la première langue du monde fondée sur le langage et les signes les plus primitifs, comme les sens interdits, les sens uniques, les non-sens, les sens communs etc. Le Moi a affaire à une sorte de palimpseste, en tout cas cette partie du Moi confrontée au sens des choses qui lui arrivent par-delà les pulsions ou plutôt au-delà des pulsions. Parce que les mots parfois comme les choses entrent dans un rapport subjectif qui transcende la logique. Le Moi est moins logique que pratique et il n’a le souci que de lui-même au risque de se perdre.

Le bon sens, nous disait Descartes au début de la méthode, est la chose la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu que ceux mêmes qui sont les plus difficiles à contenter en toutes autres choses n’ont point coutume d’en désirer plus qu’ils n’en ont.

Common sense, said to us Descartes at the beginning of method, is the best shared thing: because each thinks be so definitely provided that those the same who are the most difficult to satisfy in all other things have usage to want it more that they have it.


Gesunder Menschenverstand, sagte uns Descartes am Anfang der Methode, ist das beste geteilte Ding: Weil jeder denkt, so bestimmt zu sein vorausgesetzt, dass diejenigen, hat dasselbe, die am schwierigsten sind, in allen anderen Dingen zu befriedigen, Gebrauch, um es mehr zu wollen, dass sie es haben.


Menschenverstand sain, nous disait Descartes au début de la méthode, est la chose divisée la meilleure : Parce que chacun pense être commandé comme ça à condition que ceux, ait le même qui sont les plus difficiles de satisfaire dans toutes les autres choses, l'usage pour vouloir plus qu'ils l'aient.

Un retour à l’expéditeur. Traduction automatique. Voilà à quoi le moi avec un petit m est ici confronté face au monde des événements.

Et à la fin notre cher Descartes écrit : Et si j’écris en français qui est la langue de mon pays, plutôt qu’en latin, qui est celle de mes précepteurs, c’est à cause que j’espère que, que ceux qui ne se servent que de leur raison naturelle toute pure jugeront mieux de mes opinions que ceux qui ne croient qu’aux livres anciens.

Le moi, quel acharné lecteur de livres anciens.

L'ours et moi.

Bon, je continue… enfin, disons plutôt que je recommence. Commencer quelque chose, ça ne s’arrête pas, jamais, même si c’est pour continuer et continuer quoi ? Quant il n’y a rien de continu ? Et je dois avouer que ça devient de plus en compliqué, dés lors qu’à chaque mot une petite voix te demande – mais qu’est-ce que tu veux dire en parlant de « savoir », de « sujet », d’ « individu », de « tout » et de « rien ». Franchement, ça vous coupe les ailes, même quand vous n’êtes pas un oiseau et du coup alors c’est la déprime. Pourtant, comme tous les lundis matin je devrais être « heureux ». J’entends les rumeurs de la rue, les bagnoles surtout, et je vois tous ces pauvres gens la gueule pâteuse et les paupières lourdes foncer à leur travail, avec dans la tête les souvenirs bons ou mauvais du dimanche qui se mélange à des images du bureau, de l’atelier, du chantier, du vestiaire, de la salle de classe… des images de la femme ou du mari, des enfants et des collègues, un si foutu capharnaüm qui exige un minimum d’ordre pour fonctionner correctement… Ouais, de n’être plus soumis à pareille exigence ça devrait me réjouir. Parce que c’est quoi à côté se coltiner les mots ? Un amusement, une jouissance ? Bon d’accord, les gens et les mots on peut agir avec eux de la même manière, un qui ne vous plait pas, ne convient pas, on en choisi un autre… certes, mais on introduit là alors une différance, le mot signifie a peut près la même « chose » il est un synonyme et dans un certain sens – jamais certain pourtant – et un individu du genre humain est synonyme d’un individu du genre humain. Toutes ces nuances, bordel de merde ! C’est bien ça qui fait la différence ! Toute la différance. Pourtant je ne suis pas du genre à chercher l’harmonie, l’homogénéité, loin de moi ces vanités. La plus belle des symphonies n’est jamais qu’un bruit parmi d’autres qui le dispute aux marteaux piqueurs, à la quinte de toux. Le bruit c’est la vie. Moi, c’est souvent les cloches de l’Hôtel de ville qui me ramènent à la vie le matin, ou bien la sonnerie de mon téléphone, jamais les bruits de mon organisme. C’est bizarre, non ?! Mais non, rien de bizarre là-dedans. Enfin si, tout de même. Imaginez-vous dans un scanner tout entier immergé en train de contempler et d’écouter des heures durant les multiples mouvements, ruissellements, battements, grincements, les fluides et les bouchons, le grouillement monstrueux des bactéries, des globules, les sucs et les acides à l’assaut des morceaux de tartare, de la salade, cette descente vertigineuse dans l’égout du corps intérieur qui se précipite vers la porte de sortie fermée et qui s’entasse dans le bol… Ah le bordel ! Le malaise ! C’est rien la ville à côté ! Mozart et Beethoven. La philosophie continentale et l’analytique. Rien que des rapports de force comme disent les nihilistes, et y a pas loin que j’en devienne. Parce que même à l’intérieur on n’est pas à l’abri de ce principe.

D’accord, j’avoue – mot que je déteste – cette espèce d’extase je la dois à la lecture du « Monde des Livres » et en particulier à l’article consacré au philosophe Vincent Descombes que je n’ai jamais lu et que même je ne connaissais pas, c’est dire mes lacunes. Mais, au fond ce Descombes n’est rien d’autre qu’un pragmatiste comme Rorty, Dewey et d’autres – avec des nuances. Et moi aussi, grosse modo, et depuis assez longtemps j’en ai un peu marre de la phénoménologie et de son jargon élevé au plus haut niveau par le nazi Heidegger. Marre de l’ « Etre », de l’ « essence » et de la métaphysique en générale. Mais bon passons. Je lis donc le petit article en bas à gauche « Le Raisonnement de l’ours ». C’est l’histoire d’un ours qui veille sur le sommeil d’un vieillard menacé d’être interrompu par une mouche posé sur son crâne. Malin, l’ours prend un pavé et écrase la mouche et le crâne du vieux par la même occase. Ca, c’est naturellement pas de la « rationalité pratique ». L’ours devrait savoir qu’il a avait une autre solution. Qu’on peut faire des omelettes dans casser des œufs, en évitant les dommages collatéraux. Mais nous savons depuis quelques temps que les ours ne pigent rien à la philosophie. Les ours sont nuls, monomaniaques. Ils n’ont pas du tout de sens moral, que ce sens relève de la Révélation ou de la philosophie. Tandis que les hommes… Alors là, ils disposent de toutes une panoplie de dispositions, de facultés. Il n’est qu’à voir un peu l’histoire, leur histoire pour s’en convaincre. L’homme est beaucoup plus intelligent que l’ours ! La preuve est que les ours ont sans doute tué bien plus d’hommes que les hommes n’ont tué d’ours. L’ours est dans un conflit entre la faim et les moyens et l’homme dans cette problématique de la fin et des moyens. Mais bon, désormais l’homme est un ours pour l’homme et donc l’homme est un ours comme les autres. Ours, loup quelle importance, l’homme reste un animal. La preuve, les Américains et leurs suppôts en Irak et ailleurs. Les hommes partout. La loi du plus fort et c’est lui qui fait la loi et la loi c’est moral, la loi et la force. Pour que la philosophie puis fournir une morale il lui faudrait autre chose que la force du raisonnement parce que même la pertinence d’un paradigme fondé sur le respect de la vie – disons comme le sommet de la hiérarchie des valeurs qui fondent les solutions de toutes actions, on a vu, donné. On a tout essayé. Tout accepté. Tout confronté et tout recommencé. Et ça continue. D’un « état mental l’autre ». Le goût de la littérature. Vivement que les ours s’y mettent !

mardi, septembre 18, 2007

Soirée.

Hier soir je suis allé boire une bonne bouteille avec un ami. Il avait préparé de belles assiettes de jambon de Parme, de viande froide des grisons. J’avais amené une bouteille de « vino verde » portugaise. C’était cool. Il est prof de biologie à l’uni, il vit trois étages au-dessous de chez moi et on peut dire qu’il est encore plus anti-américain que je ne suis anti-islamique. Personnellement je comprends son anti-américanisme. Je le suis aussi mais à cause de l’Irak. Je le suis depuis la guerre du Vietnam, depuis le blocus de Cuba et tant qu’ils empoisonneront le monde et nos intellectuels à la gomme qui en rajoutent dans l’anti-castrisme. Par exemple ce pauvre Kouchner avec son débile droit d’ingérence, et son hypothèse guerrière au sujet de l’Iran. C’est pas que j’apprécie la république des mollahs… Au reste, je ne sais plus franchement si j’aime encore quelque chose dans ce monde de brutes et de débiles religieux. Même la Ségolène qui s’y met en citant la bible. C’est dégoûtant. Un nouveau Moyen-âge ! Bon, on a pas causé d’icelle, juste un peu du petit empereur Sarko et de son léche-bottes sur les terres yankees, mais pas plus que ça. D’ici à ce que le Kouchner cite aussi Jésus pour justifier son hypothèse belliqueuse, dans le genre : je ne suis pas venu apporter la paix mais la guerre… Y sûrement pas plus de trois décilitres de bourbon.

Pour ma part, personnellement cela fait depuis la fin Mars que je suis à la retraite. Oh ! Elle est pas terrible ! 772.- francs suisses par mois ! Alors j’ai demandé une aide complémentaire parce que j’y ai droit. Je vous dis pas les tracasseries ! C’est pas comme l’AI, l’aide sociale, que même des gros dealers turcs qui roulent en BMW touchent sans qu’on les contrôlât le moins du monde. Il parait que les quelques dizaines de millions que cela coûte – je parle des abus – c’est rien du tout ! Mais pour mes trois cents balles d’aide alors là, c’est la galère ! Alors que je suis à la retraite je dois même fournir une lettre de congé de mon employeur. Tandis que des milliers de personnes touchent l’aide sociale avec pour toute justification le coup du lapin. Merde, c’est vachement pratique, devant ce coup-là les toubibs sont désarmer, impossible à prouver. Moi, avec ma petite rente je dois même prouver que je n’ai pas d’assurance sur la vie. Une assurance sur la vie ! Et quoi encore ! Je ne me suis jamais marié, je n’ai pas l’ombre d’un enfant… alors à quoi bon une assurance sur la vie ! C’est sûr, ils veulent me faire payer ma légèreté, mon manque de participation à la sauvegarde et à l’accroissement de cette espèce humaine ! Putain, faut être le pire des égoïstes, le plus fieffé des salauds pour jeter un enfant dans ce monde… pour laisser derrière soi un être contre lequel tous les autres vont se dresser pour le dresser. En faire un Travailleur ! Une aliénation parfaite ! Une machine à produire et à reproduire. Production et reproduction… voilà les deux mamelles de l’avenir. C’est pas nouveau, je le sais bien… quoique, depuis que j’ai lu « De la certitude » de Wittgenstein, que je participe au « jeu du langage » je suis logiquement toujours dans la redondance et surtout dans la tautologie, parce que, « on ne conclut pas à l’état des faites à partir de la certitude qu’on en a. » Evidemment.

Mon ami m’a dit une chose qui me parait assez juste. Il a dit ; le drame des Américains c’est de n’avoir jamais connu le socialisme. Il a raison. Croyant dur comme fer que le capitalisme est le système le plus naturelle de production, qu’il découle des lois de la nature et que la nature la plus pure c’est la jungle, ils n’ont aucune raison de ne pas vivre comme des sauvages et de vouloir que le monde entier vive comme eux. Même si, et surtout si c’est à crédit et dans un rapport à la nature identique. Ils pensent que la nature elle-même va leur faire crédit indéfiniment. C’est ainsi qu’ils agissent naturellement plutôt que volontairement. Au fond, ils sont comme les nazis. Et les guerres qu’ils mènent contre l’islam c’est comme la guerre entre les hitlériens et les staliniens. La peste contre le choléra.

Il m’a aussi conseillé d’aller voir le dernier documentaire de… de… bon, voilà que son nom m’échappe… cet Américain, moins féroce que Noam Chomsky, hein, mais qui va dans le caca des USA et son système de santé de merde. Bon, je dois aller le voir. Mais j’ai lu dans une article du Temps, journal bien pensant et ultra-libéral, une critique débile dont j’ai retenu que l’auteur bien connu de ce doc critiquait un système de santé dont nous, les Suisses, mettons en pratiques une série de ces idées géniales pour assainir notre propre système de santé. Une Grande santé pour les riches, une petite pour les autres. Ce mimétisme de singe c’est ce qui s’appelle en Suisse : Idée Suisse. L’idée majeure chez ces zélotes c’est – faisons comme les Américains. Et soit ! Depuis que notre ennemi commun l’URSS est défunte nous n’avons plus ennemi que le peuple lui-même. C’est plus pratique et ça coûte moins cher et à l’Etat et aux patrons, ce qui revient au même. Mais le jambon de Parme était excellent, et la viande froide, et le vino verde idem. J’étais même un rien fait à tel point que j’ai fumé trois cigarettes alors qu’ils est non fumeur mon ami. Et ça aussi je trouve que c’est dégueulasse. Je fume aussi en présence de mon amie non fumeuse et qui déteste ça… c’est dire combien je suis dégueulasse !

jeudi, septembre 06, 2007

Bricolage.

Je suis condamné à me répéter sans cesse. Par exemple chaque fois que j’allume une cigarette : « quel con! » Ou bien : « tu es suicidaire ». Aux chiottes pareil. « Merde, ça pue ! » Je me regarde dans le miroir de la salle de bain : « Merde, qu’est-ce que tu es vieux ! » Ou bien : « Bon, et alors ! C’est pour tout le monde la même chose ! » …………………………………………. Un foutu temps mort ! Tout juste si ça gazouille ! Des clapotis ! Rumeurs de fonds. Envahi par du bruit physiologique. Ipséité caverneuse, guerre des choses. Inclusions exclusions. Faire la différence, toujours ! Répéter c’est encore différer. Le statut c’est une compulsion un peu forclose. Il n’y a pas débat, à peine si quelque chose s’y débat, casse de la vaisselle. Bagarre, c’est une re/pétition de principe et j’insiste. J’ai du bide de plus en plus. Immobile. D’une pièce l’autre et les couilles entre les jambes qui ballottent. Vraiment. Je ne sais plus quoi penser cogiter hyperboliser. Si je pense que nous sommes toujours déjà dans le futur c’est nous inscrire dans un destin et ça ça me fait chier tout comme cette possibilité d’une histoire universelle dans nos gènes codifiés – le reste ne relève plus que de l’interprétation. L’autre jour, à la télé, C dans l’air, quelqu’un disait que tous les hommes d’idées du parti socialiste avaient fichu le camp et que c’était justement les idées qui manquaient au parti. Ca m’a fait rigoler. En France on a toujours pas de pétrole mais voilà que de surcroît on a plus d’idées. Foutaise ! C’est pas les idées qui manquent. C’est juste qu’elles ne sont pas un principe d’action. Les idées sont à la pratique ce que la réaction est à l’action. Dans le même dilemme que la poule et l’œuf. On se jette dans l’action et on se projette dans la pensée. Et si c’est l’œuf qui a choisi la poule pour se reproduire on est bien là dans l’éternel retour du même.

Par là je veux aussi dire sans rire que nous sommes postmodernes avant même d’avoir été vraiment modernes. Pour dépasser la modernité il faudrait réaliser sont concept débarrassé des mythes et des formes de la pensée médiévale voire antique qui ne cessent de le plomber. C’est bien joli de vouloir toujours faire l’«Histoire » des concepts, l’ « Histoire » de l’histoire que cela soit celle de la philosophie ou de l’universalité. Je dis bien joli parce que c’est ce qu’il y a de plus naturel vu que l’esprit, je veux dire la pensée cohérente n’a jamais procédé autrement. C’est là le symptôme d’une accumulation voire d’une érudition qui vaut généralement son pesant d’or. Parce que le réel est l’impossible par excellence bien que selon certains penseurs il soit aussi rationnel, nous voilà toujours obligé de bricoler dans la fiction jusqu’au point où elle parait adéquate à son sujet bien plus qu’à son objet. Il y a toujours dans les traces de l’histoire des faits ou des arguments ad hoc – pouvoir de l’interprétation – qui nous fait mettre le doigt sur la chose ou les mains dans la merde. Chaque esprit révise selon ses affections et une position qu’il s’agit toujours de défendre contre vents et marées. Une fois que nous avons pris la mesure de l’animalité de l’être soi-disant humain puis trop humain nous sommes encore loin du trop moderne cette ombre par-dessus laquelle nous sautons allégrement parce que nous somme tellement les plus intelligents de toutes les espèces vivantes comme si l’intelligence était le degré supérieur de tous les instincts qui participent à l’histoire de tous les genres.

Qu’est ce qui réagit en nous lorsqu’on nous dit que nous venons de découvrir dans notre univers un espace colossal large d’un milliard d’années lumière vide de toute matière, absolument vide !!?? Est-ce qu’une si inouïe découverte provoque un effet psychologique, dans la mesure où elle est incompréhensible, est-ce qu’un instinct est ici sollicité et lequel, sinon l’instinct de survie vu que ce vide énorme pourrait être comme le cancer de l’univers, une maladie mortelle qui est en train de s’étendre jusqu’à nous ? Une telle découverte donc nous menace. Mais c’est parce que nous nous sentons toujours menacés. Parce que si nous faisons cette découverte aujourd’hui on peut imaginer que c’est parce que ce vide grandi et que nous ne le percevions pas encore lorsqu’il était encore trop petit ! Peut-être, le vide, comme le nihilisme sont-ils les ultimes propriétés authentiques de notre univers. Mais nous tenons tellement à notre peau ! Et c’est aussi tellement normal ! Parce que sans elle, quelle horreur ! Quelles odeurs ! Jésus avait bien raison de dire que rien qui entre en nous est mauvais, seulement ce qui en sort. Et encore, de la bouche ! Ah nous pourrions en dire tant sur les haleines ! La puanteur des mots ! Flatus… maladie vénérienne, vénérable ! Ces remontées de viscères, de mal digestion, d’ulcères là, dans les sons, l’ambiance ! De la philosophie contre les grincements de dents, de la théologie contre le mal de dents. Reconnaissons que nous avons bien fait les choses et que nous sommes encore dans cet âge inauguré par Hegel, malhonnête, régi par la magie des mots éclatants et par le pouvoir du jargon, comme disait Popper. Ah zut ! Hegel, Popper, Karl Popper et Karl Marx la dialectique et ses ennemis. Nombreux sont ceux qui les ont encore dans la peau. Et ça démange, ça gratte et grattouille jusqu’à l’âme… Je veux dire jusqu’au sang.

lundi, août 20, 2007

Le léger et le lourd.

C’est parce que nous sommes toujours déjà et encore des primitifs que nous projetons d’abord nos perceptions intérieures pour construire une image du monde. Que nous sommes encore et toujours habités par la volonté active et créatrice qui le dispute sans cesse aussi à la volonté réactive encore que dans un rapport inversé, quand ce qui fait signe à l’intérieur n’est qu’une trace que l’oubli n’a pas encore effacé ce qui rend compliqué parfois la transposition qui doit nous mener vers des objets extérieurs parce que nous sommes tellement narcissiques ! Primaires ou secondaires peu importe. La peau n’est plus cette coupure mais je ne suis pas pour autant transparent et tous les archétypes ne suffiront jamais.

L’autre jour je suis sorti de chez pour aller acheter des clopes. Il faisait beau temps et dans l’escalier je me suis surpris à penser, tiens, c’est quand même beau la vie ! Je me sentais tout à cours parfaitement libre et léger, presque assez pour me mettre à danser. Et j’ai compris ce que je savais déjà depuis longtemps mais d’une autre façon, que nous ne sommes libres qu’à la condition que la vie n’ait aucun sens, parce que tous les sens que nous fournit la culture sont autant de limites et d’obstacles à la vie. Mais le beau temps ? Le beau ? Là, dans l’escalier ! Est-ce que le beau serait d’emblée comme un sens que nous sommes sommés de poursuivre depuis qu’on l’a associé au bien comme le fait que je me sentais alors bien ? Et se sentir bien, ne serait-ce que quelques secondes serait-ce accéder au statut de surhomme déjà baisé par l’esclave réactif et triomphant ? Bon, je crois bien que tout cela n’était qu’entourloupette, ruse de la raison où qui sait quoi « encore ». Parce que ce genre de sentiment ne dure en somme que le temps d’un orgasme. Débarrassés de nos peurs quand « bien » même on ne fait que prévoir le pire justement dans une totale indifférence, cette légèreté bientôt alourdie par la mémoire, ce sac de vipères culturelles qui vous sifflent à l’oreille le terme d’ « ataraxie ».

Le poids des mots.

lundi, août 13, 2007

Sale temps.

Comme d’habitude – quelle rengaine ! – ces temps, j’en fous pas une. Alors pour me bouger, m’articuler, mercredi sur le coup de trois heures tandis qu’un ciel d’automne pas un ciel d’a/out, ni d’aou et encore moins d’out mais d’ou – c’est ainsi parait-il que nous devons prononcer le mois d’Août – sur le coup de trois heures et de tête j’ai décidé de prendre un train pour me rendre au festival des 6 pompes à la Chaux-de-Fonds. J’étais fière. Comme tout nous y incite je bougeais enfin mon cul après avoir débranché tout mon attirail électrique – on ne sait jamais, avec les orages. Il y a quelques années j’avais décidé de participer à un concours lancé par l’Académie de Dijon, pour marquer le coup et se souvenir de Rousseau qui avait empoché le premier prix grâce à son texte : Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes. A l’époque j’avais un traitement de texte qui m’avait coûté plus que mon Pc aujourd’hui. La veille du jour dernier délai pour expédier mon texte planqué dans les entrailles de ma machine je regardais une émission sur Arte consacrée aux catastrophes. Il y avait un superbe orage avec des coups de tonnerre et des fulgurances qui ravissaient mes sens. Mais le lendemain matin je devais imprimer emballer et expédier mes trente pages. Hélas trois fois hélas elles avaient disparu. Pas moyen de les retrouver. J’étais anéanti. Aussitôt j’ai écrit à l’Académie pour expliquer mon malheur et par retour du courrier j’ai reçu une lettre qui disait substantiellement que j’avais de la chance dans mon malheur vu que pour quelque cause dont je ne me souviens pas, la date limite était reportée à plusieurs semaines. Tout ça à cause d’un orage. Evidemment je n’ai pas eu le courage, l’énergie ou quoi que ce soit d’autre pour recommencer.

Donc après avoir tout débranché et moi-même de toutes préoccupations indigentes j’ai pris le train – c’est le train qui m’a pris, en route sous un ciel de plomb, bouché, débile et très triste vers la Tchaux. A mi chemin il tombait des hallebardes. C’était si déprimant que j’ai failli renoncer et faire demi tour. Mais j’avais alerté un pote qui m’attendait. Dans une ville très déprimante avec ses longues rues toutes droites et quadrillée à l’américaine. Une ville qui était passée de la richesse à une pauvreté qui en faisait chialer le ciel. Et moins de 10 degrés de température ! Je grelottais, les muscles bandés à m’en faire mal sous ma veste coloniale et mon petit parapluie à la con. J’ai tout de suite été trempé jusqu’aux genoux sans parler de mes pompes qui pompaient la flotte. L’horlogerie m’avais très vite rapproché de Rousseau mais c’était il y a longtemps lorsque le romantisme avait un caractère révolutionnaire qui affectait davantage les pulsions et la superstructure que l’infrastructure. Parce que, comme le disait Kant en gros, on voit le monde comme on est intimement affecté. Là, je le voyais mal, triste et déprimant. Pourtant, sous le déluge, parmi les buvettes, ils étaient au moins deux à faire leur possible pour chasser les démons du ciel. Une jeune fille toute mince qui se battait avec un accordéon et son pote qui tapait le rythme sur une vieille enceinte. On buvait des vins chaux à fond. Puis on s’est réfugiés dans un bistrot pour se saouler un peu la gueule histoire de noyer notre chagrin qui, hélas, savait nager. Il y a parfois des pulsions qui vous enduisent avec de l’erreur ! Comme on m’avait conseillé de ne pas voir ma mère dans son cercueil pour garder d’elle un plus beau souvenir, jamais ne n’aurais dû venir à la Tchaux par un temps pareil. Je suis reparti le lendemain tout aussi triste en trempé.

mercredi, août 01, 2007

Pro/jet

Bon. C’est juste une façon de commencer qui marque d’emblée l’inconfort d’une situation. Celle de celui qui prétend commencer quelque chose d’autre, ce quelque chose d’indéfini qui interpelle toujours celui qui veut la dire. Je ne veux surtout pas ici non plus rechercher l’essence de cette chose, essence qui n’est au font que la valeur que je lui attribue, moi-même personnellement. Donc, est-ce que j’attribue de la valeur à disons au sens d’un symptôme de tous les mots d’un discours qui prétend en avoir un ? Chaque mot étant symptomatique de quelque chose qui le dépasse autant , me casser tout de suite la tête contre le bord de ma table. On pourrait dire qu’il s’agit – mais il pourrait tout aussi bien s’agir d’une autre chose – de ma volonté. Et comme la volonté ne veut rien la cause de celle-ci est entendue. Car autant demander au bois de l’arc tendu ce qu’il veut ou à la corde ou encore à la flèche. Mais il se trouve que je me pique de. Mais de quoi ? On pourrait dire que je suis piqué et même piqué au vif, donc là ou cela fait le plus mal par l’image du monde que je projette, que mes flèches agissent comme des boumerangs. Ne sommes-nous pas ici dans l’éternel retour du même ? Mais rien que de le supposer j’en ai la nausée. Car supposer que le monde n’est que ce que je lui prête, que cette pure invention – pure hein ! Quelle misère ! – c’est pour le coup que tout discours ne relèverait en somme que de la psychiatrie. Mais c’est bien cette évidence qui me met dans l’embarras. Pourquoi inventer toujours un monde misérable si ne n’est pas pour le rejeter ? Si ce n’est pas d’abord dans le jet que le symptôme du rejet comme sentiment de dégoût, ce manque d’air qui vous saisi lorsque vous passez près d’une fosse à purin ou que l’on entre dans une chiotte dégueulasse. Je vois bien que la nausée se pointe ici en catimini mais le fait que l’odeur des mandarines me fout la nausée bien plus radicalement que celle du purin que, lorsque j’étais enfant, tandis que nous faisions dans la campagne la promenade dominicale forcée, dès que des champs montait cette puanteur du lisier on me disait de respirer profondément, que c’est bon pour les poumons. Alors quoi ? Qu’est-ce qui pourrait y avoir de bon, en somme, dans ce « monde de merde » dans lequel sans cesse je me situe ? Si ce n’est encore et toujours comme une injonction qui me vient du passé comme elles venaient de l’extérieur chez les Grecs par exemple. Revenons donc aux mandarines et à cette odeur qui me fout la nausée. J’étais tout gosse à l’hôpital parce qu’en rentrant de l’école en courant sur la route je me suis jeté sur un mec à vélo et me suis fait casser la cheville. Plâtré jusqu’au genou et dans la merde jusqu’au cou parce qu’un enfant qui ne peut plus courir c’est plus rien. Aussi, il fallait bien se dépasser autrement. Et pour un gosse rien de tel qu’un concours même immobile dans un lit tout blanc et tout frustrant – c’est pourquoi je pense que tous les concours sont infantiles – que les Grecs étaient des enfants dans le berceau de notre civilisation et que tous les berceaux commencent toujours par sentir la merde. Bref, vu que les fruits dit-on c’est sain santé mais presque divin – voyez les pommes ! Il s’était agi de voir qui en mangerait le plus vu que nous disposions de tonnes de mandarines. J’ai oublié qui l’a emporté, moi ou un autre, toujours est-il que j’en récolté une formidable indigestion et que depuis lors… Tout est une question de quantité ? Ne dit-on pas trop de bien nuit ? Ou bien dit-on, trop de biens nuit ? Ou bien, trop nuit ? Mais dit-on jamais trop de mal nuit ? Jamais. Donc, un « monde de merde » ne saurait nuire à celui qui l’invente quand bien même il y aurait vraiment trop de « merde ». Cela ne pourrait être que bon, si ce n’est pour ses poumons, disons pour sa tête puisque tout vient de là. Mais si le monde n’est qu’un symptôme lié à un souvenir d’enfance nous sommes plantés dans le conflit et la confusion entre le passé et le présent, l’immobilité et le mouvement du monde, mouvement qui n’est autre que celui de la pensée même si elle tourne sur elle. Et comment pourrait-elle accomplir un autre mouvement ? Comment la pensée pourrait-elle échapper à son mouvement sans cesser d’être la pensée ? C’est peut-être çA la « merde » La pensée n’est pas un roman avec un début un milieu et une fin. C’est le monde sans fin. La P est aussi un M qui se P le L de la R. Ou disons, la Pensée est un Mouvement qui se Paie le Lux de la Révolution. Mais la pensée n’est pas l’être, c’est la chair. Et sous la chair c’est la puanteur. En ce sens la pensée devrait nous protéger de la puanteur. Inutile ici de faire un dessin. Par la force de l’habitude on retombe comme qui dirait dans le berceau du verbe qui se fait chair. Des verbes, des noms et des adjectifs, des sujets, des compléments etc., tout le matériel est là pour faire un monde qui tourne sur lui-même. Le problème c’est que tout ce matériel dont la matière reste à prouver ne saurait servir d’abris à qui ou à quoi que ce soit… symptomatologie. Logomachie. Enregistrement. Traces. Sillons. Béances. Blessures. Comme le ventilateur de mon ordinateur qui se met en route. Programme. Programmatique.


« la méditation de l’objet par le sujet prend toujours la forme du projet ». Bachelard.




CECI EST BIEN UNE PIPE.


Continuation de se qui se projetait du passé en adéquation avec le futur. Comme tout processus mécanique il y a ici comme une augmentation de l’entropie, une perte d’énergie, parce que toute processus cognitif et donc la pensée se frotte à quelque chose qui lui est presque étranger bien que cette étrangeté puisse jaillir sous la forme du witz, du lapsus ou de la métaphore. Je suis par conséquent dans l’involontaire, l’accidentel et même si je suis un rien parano, je ne le serai jamais assez pour prétendre maîtriser une situation que j’ai choisie parce que rien de se passe jamais comme on l’avait imaginé. Aussi, je pourrais sans scrupule et sans l’ombre de quoi que ce soit exhiber mille grands esprits qui continuent de nous fasciner tout de même par leurs savoirs et leur rigueur et leurs méthode géniales qui se sont tout de même usés la santé pour des clopinettes. Trop bien nuit. Mais d’où peut bien venir la lumière qui me fait de l’ombre, qui projette cette ombre dans laquelle j’avance ? Car je suis bien certain qu’en ce lieu nul ne saurait y voir une sorte de clarté émanent d’une logique quasi mathématique, la possibilité d’une formule.

Une usine électrique.

Dans un de mes cauchemars d’enfant j’ai fait exploser l’usine électrique qui se trouvait à trois cent mètres de la maison.

Les lumières de ma chambre, de tout notre appartement ont vacillé, baissant et augmentant d’intensité puis ce sont éteint tandis que les explosions secouaient la maison.

Une nuit si totale que même les chats ne pouvaient être gris.

La nuit nous jette dans un monde des plus incertains qui fait sous/venir des formes sans substance comme des mots d’une langue étrangère. Le corps lui-même perd ses limites. Et tout devient possible surtout le pire et le pire du pire se montre toujours dans une faible lumière qui fait scandale. Je pense au scandale du paradoxe mais je n’ai rien à dire à ce sujet vu que c’était ma mère. Oh la tête ! Oh le regard ! Si lointaine et si proche et si menaçante ! Encore aujourd’hui elle me fout les boules cette mère-là. J’ai cru qu’elle savait que c’était moi qui avait fait péter l’usine et tous les alentours et jeté toute la famille dans ces ténèbres épais comme sa chevelure.

Du reste, le souvenir de ce rêve n’est qu’un écran. En lui sont tapis d’autres monstres sans doute mille fois plus effrayants.

mardi, juillet 31, 2007

Cinéma en berne.

Igmar Bergman est mort. Il ne jouera plus aux échecs avec elle, c’était prévu, il le savait mieux que personne, depuis 1967 lorsqu’il raconta :

«Toute ma conception religieuse s'est désintégrée. J'y ai été longtemps attaché, puis un jour, subitement, elle m'a échappé. Elle a disparu et, brutalement, je suis redevenu un être humain laissé seul, avec tout le reste de l'Humanité, sous un ciel vidé. J'ai ressenti cela comme une immense libération, et je me suis senti porté par un nouvel élan.
L'apôtre Paul dit: «Moi qui suis un être de chair vendu au pouvoir du péché.» Cette attitude pernicieuse du religieux, qui fait que l'on porte toute sa vie cette mauvaise conscience, nous paralyse terriblement. Il faut des forces immenses pour surmonter cela, alors qu'on en aurait besoin pour tout autre chose de plus vital, de plus réel.
Et c'est, au fond, grâce à cette libération du religieux que j'ai pu utiliser ces forces dans d'autres domaines plus en harmonie avec moi-même. Ce qui, bien sûr, ne signifie pas qu'il ne faille pas aussi faire, un peu plus chaque jour, des progrès sur le plan moral, esthétique et humain.»

Dans Jeux d’été un film sur les problèmes du couple; un conte amer sur les amours d’une jeune ballerine, Marie, déclarait : « Si dieu existait, il faudrait lui cracher au visage».

En lisant ça j’ai pensé à « l’ogre » de Chessex. Le fils du père disait : « dieu est un salaud ». Plus tard Chessex enferma dieu dans le sexe de la femme. Pour un type qui se nomme Chez sexe c'est naturel. Mais il n'est seul dans son cas. Dans son beau roman : Plateforme, Houellebecq écrit : "Pour accéder réellement à la possibilité pratique du bonheur, l'homme devrait sans doute se transformer - se transformer physiquement. A quoi comparer Dieu? D'abord évidemment à la chatte des femmes."

Ici, j'ouvre une grande parenthèse. Cette phrase de Houellebecq était la dernière de la page 157 et je ne l'ai tourné que bien plus tard dans la journée après avoir jeté ces réflexions sur mon bloc notes avant de les jeter ici.

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(Pourquoi faut-il toujours aborder le divin, que ce soit d’un point de vue paganiste, tout est divin, donc la nature, le ciel et la terre, ou religieux, du seul point de vue de l’esprit. Si tout est divin alors le divin n’existe pas et s’il relève seulement de l’esprit comme catégorie simplement métaphysique et pas encore naturalisé ce sont tous les esprits qui sont divins. Faire de l’esprit la divinité devrait nous faire rigoler et lorsque l’on se penche sur le cerveau qui est soi-disant son siège alors on devrait s’asseoir sur la tête. Parce que le point de vue se situe toujours dans le cerveau, que notre tête est lourde que le reste et que du point de vue de la gravité on devrait marcher aussi sur la tête. Et c’est bien ce que nous faisons quand nous pensons au divin. Le divin par rapport au profane c’est comme un coup de pied au cul. Ca induit tout de suite le respect celui que l’on attribue à la perfection, tandis que le profane renvoie au vulgaire, à l’imperfection. Faut-il du divin dans le sexe pour le faire échapper à la vulgarité du profane ? L'accoutrer de catégories religieuses, paradisiaques, cosmiques pour qu’il acquière une perfection plus certaine que celle qui lui fourni la nature ? Le sexe n’est-il pas assez poétique en soi ? La source plus que l’esprit de la créativité ? Certes, cela requière pour être effectif comme un usage un rien pervers du sexe dans son principe de sublimation et pour demeurer dans le sublime là où se situent les artistes soit le sexe disparaît soit il fait un retour quelque peu nostalgique entaché de pureté et même d’impuretés comme il se doit au moins depuis Saint Augustin. L’impureté condition de la pureté. Le péché condition du bien.

« A travers le langage et dans les institutions hautement hiérarchisées que sont les religions, l’homme hallucine des « objets » partiels – témoins d’une différentiation archaïque du corps sur la voie de l’identité propre qui est aussi l’identité sexuelle. » (J.K. Pouvoirs de l’horreur.))
Et quelle ne fut pas ma surprise lorsque je tournai enfin cette pas 157 pour lire la suite. Ca continue comme ça.
"mais aussi, peut-être, aux vapeurs d'un hammam. A quelque chose de toute façon dans lequel l'esprit puisse devenir possible."

Et voilà, c'est bien triste.

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Heureusement qu’il n’existe pas ! Sinon, c’est pour le coup que l’amour deviendrait une chose vraiment sale, dégoûtante, répugnante ! Mais peut-être est-ce aussi là dans ce fantasme récurent, qu’un certain abbé Grégoire qui crachait de l’eau bénite dans le vagin des femmes enceinte – pour sauver l’enfant au cas où viendrait a mourir – le situait.

Comme on peut le voir ils sont encore nombreux les "esprits éclairés" à être captifs, sous l'influence délétère quoique... de l'ancien test-amant.

Là, je demande si on a demandé, par simple curiosité aux prêtres pédophiles de l’église américaine qui a craché non pas de l’eau bénite mais plus de deux milliards de dollars pour leur rédemption, en quel lieu avaient-ils mis leur dieu ?

Parce qu’il faut bien reconnaître que tous les salauds de la terre finissent presque toujours par justifier leurs saloperies au nom de dieu. Dieu le veut, par ici, tuez-les tous dieu reconnaîtra les siens, par là, c’est la volonté de dieu… etc. Aussi, on les verrait suprêmement emmerdés si ce mot venait à être frappé d’interdit au même titre que les propos racistes. Lors, on aurait raison de penser avec Nietzsche que tous les criminels sont des malades qu’il faut soigner. On risquerait de manquer de psy.



C'est encore Antonioni qui tire sa révérance mais je doute que les télévisions nous fassent plaisir en diffusant l'Avventura, la Notte ou un autre chef-d'oeuvre sans parler de la joie que me ferait de voir celle dont je fus toujours amoureux, la sublime Monica Vitti.


D'acord, une chaîne a diffusé pour la ixième fois Bluw up - c'est dans l'air du temps, la mode, les manequins, le milieu ça colle. En revanche j'ai regardé l'Avventura sur Arte et j'ai mouillé devant la Vitti et râler devant ce connard de macho italien qui se tape une morue pendant qu'elle attend. A cette époque, les années soixante, quand les curés faisaient encore la loi et les bigots et les bigottes, quand la merde spirituelle étalait sont odeur de mort et de mortification sur les plages polluées par des baigneurs français qui se baignaient en slips, le désir, qui se traîne sur une îles déserte et fait grimacer cette multitude de ploucs qui cernent la Vitti avec leurs yeux de tueurs refoulés c'est encore une image du fascisme qui n'en a pas fini avec ses grossesses monstrueuses.

D'avance à ces télés oublieuses, minables et moteurs de l'abrutissement, je leur crache dessus.

vendredi, juillet 27, 2007

Apopo-apoca-apocalypse.

Bon, je vais continuer ma lecture… il s’agit encore de métaphysique, cette invention indépassable parce qu’aussi bien elle n’existe pas, elle sert à certain d’enchantement dans un monde toujours déjà désenchanté.

Ah ! S’amuser avec sa mort tout pendant qu’il la fabrique, ça c’est tout l’Homme, Ferdinand ! »

Je suis en train de lire « La mobilisation infinie » de Peter Sloterdjik. Chapitre intitulé : Civilisation panique où De quelle dose de catastrophe l’homme a-t-il besoin ? Tout cela est un peu alambiqué et sent fortement l’influence de Heidegger. La question posée simplement serait, les catastrophes nous apprennent-elles quelque chose ? Sommes-nous historiquement responsables des catastrophes qui nous menacent ? Et bien entendu il est question d’apocalypse de révélation et de vérité. La vérité comme révélation et lumière, processus désormais caduc depuis l’échec de l’Aufklärung classique avec son concept de vérité fondé sur l’argumentation. Aujourd’hui, « …parce que nous ne pouvons pas exclure l’absence d’un futur qui se souvient de nous, la panique, comme trait inévitable, pénètre dans la signature du présent », et « Puisque le messianisme historique est révolu, l’heure a sonné de nouveau pour l’expérience panique du monde ». et, de ce fait, « les alternatifs sont probablement les premiers hommes à développer une relation non hystérique avec l’apocalypse possible ». Nous sommes ici dans la catastrophe comme ultime moyen pédagogique et la lumière de la vérité est aujourd’hui la lumière de la mort fournie par l’énergie nucléaire. C’est ainsi que l’alliance entre la lumière et la vérité est rompue. Parce que l’énergie nucléaire n’est que le résultat de la mobilisation massive et historique de l’intelligence occidentale et c’est ainsi que s’il y a sujet coupable ce sujet c’est nous tous. Soit, ce sont bien les occidentaux qui ont inventé la fission nucléaire, événement qui n’existait nulle part sur terre. Ce qui tendrait à prouver que ce sont les hommes qui inventent le monde. « Rien ne va de soi. Rien n’est donné. Tout est construit » disait Bachelard. De même qu’il y a longtemps, quand les hommes inventèrent l’Apocalypse on ne désignait pas un coupable ; tous les hommes étaient pareillement coupables. Et la mort individuelle qui est une apocalypse qui nous attend tous n’a d’autres responsables que l’ensemble des hommes dont c’est la punition. Cela est évidemment une absurdité inventée pour paniquer les hommes bien avant qu’ils ne paniquent à propos de l’apocalypse nucléaire et c’est bien pourquoi je dis que nous vivons dans un monde de merde, un monde de merde qui ne date pas d’aujourd’hui ni d’hier, avant-hier il devait être pour les hommes encore plus merdique et je n’ose dire ce qu’il devait être pour les femmes et les enfants. Essayez d’aller vivre dans la nature et partager votre grotte avec des ourses et des tigres, des loups et des serpents ! De bouffer moins bien que vos chiens et chats ! Et de vous faire bouffer par toutes sortes de carnivores puants et horribles ! Pense-t-on que jamais cette lutte insensée pour la vie que les êtres humains mènent depuis des millénaires puisse avoir été moins merdique que celle que nous menons aujourd’hui ? Au point que les catastrophes naturelles devaient presque toujours leur apparaître comme la fin du monde ! Et que c’est pour cette raison qu’ils se sont inventés des dieux auxquels ils offraient des sacrifices afin de calmer leurs crises de nerfs, parce que déjà les catastrophes étaient des punitions. Et la panique dont nous parle Sloterdjik c’est rien d’autre qu’une punition que l’homme s’inflige. Et si nos sociétés occidentales tendent de plus en plus à abolir la peine de mort elles sont encore loi d’avoir aboli la mort elle-même –, mais la peine demeure.

Bon, je vais continuer ma lecture… il s’agit encore de métaphysique, cette invention indépassable parce qu’aussi bien elle n’existe pas, elle sert à certain d’enchantement dans un monde toujours déjà désenchanté.

Ah ! S’amuser avec sa mort tout pendant qu’il la fabrique, ça c’est tout l’Homme, Ferdinand ! »

Aux chiottes!

Et voila, ça y est, j'ai pris ce matin une bonne résolution. J'ai jeté aux chiottes ce foutu jeu facho à la con, Medal of Honor. Viré dans le cul de basse fosse d'où il n'aurait jamais du sortir. Je me sens mieux. A peine avais-je un coup de cafard que je m'y jetais, comme un abruti.

Lux seipsam...

Quand on est comme moi c’est facile de dire ; je n’ai ni envie d’être une star et encore moins d’être célèbre. Comme moi cela veut dire tel que je m’imagine être sans que celui-ci soit même relativement adéquat à l’image que les autres se font de moi. Si les autres peuvent se tromper en m’imaginant tel ou tel il y a de fortes chances pour quoi moi-même personnellement je puisse me tromper – chaque échec et chaque succès faisant ainsi la nique à une certaine image de soi fabriquées par les circonstances – des trous ou des décorations dans les divers habits endossés. Il est probable tout de même que je deviendrais une star célèbre si comme certaines araignées males, cent fois plus petits que les femelles, je me réfugiais comme eux dans le vagin d’une femelle pour y vivre une existence idéale en osmose féerique. Ce serait autrement plus formidable que l’envie de ce prince qui rêvait de vivre dans la culotte de sa dulcinée, où celle plus répandue et joliment exprimée par Henry Miller qui consiste à retourner dans la matrice de maman. En somme tout cela ne fait qu’exprimer cette tendance équivoque de l’escorps à se soustraire du monde solide. Le plus drôle c’est que cette envie de devenir célèbre, une star, ça n’est jamais rien d’autre qu’un avatar de ce désir de reconnaissance, thème cher à notre vieux pote Hegel, lequel a passé toute sa vie pour terminer vraiment pestiféré à le devenir en se réfugiant non pas dans le vagin ou la matrice d’une femme, mais dans celui de l’esprit, refuge de toutes les spéculations sexuelles et vraie matrice de l’auto-érotisme. C’est ainsi que l’esprit devint célèbre, star et lumière.

jeudi, juillet 26, 2007

jeu pourri.

Ce matin parce que je m'ennuiais un peu je suis retourné jouer en ligne sur les sites du jeu Medal of Honor, un jeu de guerre yankee donc j'ai déjà parlé. Comme je l'ai aussi déjà dit c'est un jeu qui fait l'apologie des soldats nazis et les lapins qui leurs servent de cibles ce sont naturellement les alliés. Et comme toujours il y a des clans et tous les clans sont des clans nazis et les partisans de ces clans nazis payent avec du fric pour avoir des armes infaillibles. Je n'ai pas joué longtemps, juste le temps de rager et de repenser au fait que ce sont bien les fascistes qui ont gagné la guerre et surtout les fachos américains.
Je me souhaite une bonne journée sur ce.
Rien de tel que dégoût pour faire venir un peu d'adrénaline.

mercredi, juillet 25, 2007

Porno.

Ce matin au réveil j’ai fait un tour dans le porno. J’ai surtout visionné des soi-disant lesbiennes – des jeunes et jolies minettes payées pour se lécher la chatte et le trou du cul, s’enfiler plusieurs doigts et des godemichés, pour gémir la bouche grande ouverte sur leur langue rose et percée. Certaines de plus en plus nombreuse – mais je dis là des choses que tout le monde sait parce que les sites pornos sont les sites les plus visités de la toile dans laquelle se prennent un jour ou l’autre tous les internautes – exhibent des percings (piercings) cloués aux endroits les plus inattendus et ça me fait mal presque. Toute cette ferraille qui n’évoque pour moi qu’une forme de torture et de soumission moderne inhibe chez moi toute forme d’excitation. Je ne bande même pas. Donc, je suis inquiet. Est-ce ma libido qui est en panne ou bien suis-je blasé ? L’un et l’autre sans doute… ou bien suis-je dans un jour sans ? Je me suis couché cette nuit il pleuvait et ce matin c’est grand beau temps… serait-ce ce changement de temps ? Une légère déprime ? Un rêve déjà refoulé comme celui de la nuit précédente, dans lequel je poursuivais une femme tout en trimbalant un sac en papier lourd de commissions (petites ou grandes, j’en sais rien, mais je déteste tellement entrer dans une grande surface), quand tout à coup je me suis aperçu que je l’avais perdu, ou plutôt laissé quelque part, je me souviens que c’était un endroit encombré de bois sous formes de planches, de poutres – vraiment n’importe quoi. C’était un immense champ de ruines et j’en voulais à celui qui l’avait piqué.

Bon, je ne sais pas, je n’analyse plus mes rêves depuis longtemps parce qu’aussi je ne rêve plus aussi souvent à moins que ce soit le Net aujourd’hui qui nous empêche de rêver, la toile qui nous tienne lieu de rêve. Car pourquoi, tandis que je voulais parler de ma visite matutinale en ces lieux j’en suis venu à penser au rêve ? Certes, le chemin est direct entre le contenu latent de nos rêves – je reste convaincu que tous les rêves s’inscrivent et viennent de nos refoulements essentiellement sexuels - et le contenu manifeste du monde réel qui se donne de plus en plus et dans les faits comme une ruine.

Et voilà, cela fait bien un quart d’heure que je sèche devant ce mot « ruine » et je ne savais plus comment continuer. S’il fallait parler des corps « ruinés » emprunter cette route qui ne mène nulle part ailleurs que vers la mort, parce que toute ruine signifie la mort de quelque chose. Ontologiquement Heidegger avait raison on échappe pas à l’être-pour-la-mort et je sais bien que c’est « ontologiquement » est ridicule, mais ça ne tue pas.

mardi, juillet 24, 2007

Idem.

Hier soir j’ai entendu quelqu’un dire « le divin est en vous » Le type n’était même pas ivre quoi qu’un tantinet exalté mais j’ai vu comme une poussée de quelque chose sur quelques visages. J’étais sûrement l’unique à rire sous cape de cette révélation fantastique parce que pour ce qu’il en est du « dit vain » j’en connais un bout. Plus tard comme un fait exprès, mais inévitable il a parlé de concupiscence, ce mot composé de trois phonèmes : « con » « cul » et « pissant », comme quoi sans le savoir on est toujours dans le flatus vocis et certains seraient bien inspiré un jour de s’allonger sur un « divan ».

Bah... Bof...

J’ai terminé le Beigbeder qui n’est pas du tout Werther et Françoise n’est même pas Elsa parce qu’ici tout est sous contrôle c’est ce qui fait que c’est drôle en dépit de certaines postures d’un Oscar sans tambour qui adore avaler les couleuvres et se faire souffrir mais pas autant que Jdanov tout de même – une question de quant à soi ! Au fond, il nous dit tout ce à quoi on est amené à faire pour supporter ce monde débile, ce monde mobile, mobilisé par ses propres mouvements, son mouvement propre. Mobilisation totale de la libido dans un monde de plus en plus militarisé même si cela ne se voit pas comme le nez au milieu de la figure et où les mots d’esprit tiennent lieu de lucidité. Donc mobilisation générale de la subjectivité branchée exclusivement sur les expériences sensorielles et le mouvement des fluides… on mange, on boit mais on ne pisse ni ne chie si ce n’est métaphoriquement. Je le sais puisque je vis aussi dans ce monde-ci et que depuis longtemps j’ai renoncé à toute illusion esthétique et même le mal qui semble bien avoir triomphé ressemble bougrement à un retour du refoulé le plus archaïque qui entre en collision avec la modernité de la technique et de la technologie qui forcément nous dépasse et vient ruiner le sujet que la découverte de la subjectivité et les profondeurs de son fondement laissaient espérer. Disons qu’en un sens c’est la bagnole qui constitue l’essentiel de l’identité – on aime davantage celle-ci que sa femme comme le montre un ressent sondage italien et y a pas de raison que ce soit différent ailleurs… Un soi mécanique, l’habitus modernisé. Et pour aller aussi vite qu’elle en pensée on consomme aussi de supercarburants dans lesquels entre tout de même du kérosène qui aliment les moteurs à réaction c’est pourquoi sans doute nous sommes de plus en plus réactionnaires.

lundi, juillet 23, 2007

Immobilité.

Un blog sans images c’est nul, mais sans images en mouvement c’est plus que ça donc au-dessous de tout. Seul le mouvement, l’illusion cinétique sont à même de capter l’attention des esprits immobiles. Inconscient de la mobilité vertigineuse des processus physiologiques et électriques du cerveau, l’œil des humains comme celui des prédateurs n’est alerté que par le mouvement. La pensée qui est mouvement immobile ressemble trop à l’immobilité des étoiles dans le ciel nocturne. Il y faut aussi des étoiles filantes. Et lorsque l’on a identifié les constellations tout est dit, le reste n’est même pas littérature. Nous sommes dans le culte du mouvement, de la vitesse même si tout immobilité n’est jamais que relative vu que tout est en mouvement. Le mouvement le plus simple c’est un objet qui se déplace du point B au point A. Voir comme ici toujours du point A vers le point A vu que toute ligne droite est toujours courbe. En somme, tourner en rond parait bien être quelque chose d’inévitable. Mais, si la terre tourne en rond autour du soleil – ce que certains en sont encore à la nier – le système tout entier à la périféérie de la voix lactée tourne comme un manége et à grande vitesse autour d’un grand trou noir lequel est emporté à grande vitesse aussi loin que possible des autres galaxies. Ainsi, plus nous allons vite plus nous nous éloignons les uns des autres et plus ça fait mal lorsque advient la collision. Et au fond, c’est tout ce qui intéresse les gens les collisions, parce que c’est ce qui déconstruit le plus efficacement et promet du nouveau même si celui-ci ne dure qu’une nanoseconde et se déplace à la vitesse de la lumière, cette lumière qui joue la lenteur de l’aube au crépuscule.

jeudi, juillet 19, 2007

Salut Frédéric!

J’ai honte… enfin, c’est juste pour commencer. C’est aujourd’hui seulement que le lis pour la première fois un livre de Beigbeder. Je l’ai vu maintes fois à la télé sans qu’ils parlât beaucoup toujours mais de toute façon j’avais et j’ai toujours et encore plus aujourd’hui de la sympathie pour lui. Je lis « L’égoïste romantique » qui se dit marxiste sexuel (je ne sais pas si je pige juste) tout comme Houellebecq dit-il. Plus de goûts pour les belles prolétaires pas rasées que les bourgeoises épi-pilées ? Bon, cela dit, en le lisant, moi qui suis toujours célibataire, jamais marié et encore moins de gosses qui foutent les boules à son copain Ludo je me reconnais dans cette préoccupation – ce qui occupe l’esprit avant toute autre chose – relative aux femmes. Je sais, c’est pas un scoop, tous les hommes – et toutes les femmes en sont là. Et si je me sens aussi comme un stakhanoviste du grincement de dents sans rémunérations en revanche je ne connais pas l’ennui ni l’angoisse de l’ennui. Pour moi l’ennui n’est pas de la souffrance et je me fous complètement de savoir que je suis à proprement parler totalement inutile. Pour résumer ça je ne doute pas une seconde que mon ami Beigbeder trouverait illico une jolie formule. Moi j’en ai pas et c’est aussi pourquoi j’aime les écrivains qui ont de l’humour, surtout quand il est un peu noir.

Je ne sais pas comment sont ses autres livres, mais ce que j’aime chez lui c’est la légèreté et la lourdeur comme Pink Floyd. Ce sont ces obsessions sexuelles qui me rappellent Henry Miller et la soupe de Mona dans le taxi new-yorkais et les jours tranquilles à Clichy . Le fait qu’il le sache et le dise que la recherche de la célébrité et du fric n’ont pour but que l’accès aux plus belles femmes. Jusqu’ici – je ne l’ai pas terminé – juste une chose qui m’emmerde. Il a acheté un SAS de Gérard De Villiers, ce foutu facho de merde que je déteste et son héros de merde violeur et assassin à la solde de la CIA. Penser qu’en achetant un de ces étrons pour enrichir encore ce trouduc me fait mal.

samedi, juillet 14, 2007

C'est clair!

Ouais, ça fait des années que je n’ai pas mis les pieds et encore moins les yeux à Avignon ou à Venise – mon plaisir y était bien sûr amoindri par la fatigue. Je le regrette un tantinet. J’y rencontrais aussi, au hasard des rues des amis, des amies. Cette année Avignon toujours sous le signe de Jean Vilar la naissance il y a cent ans de René Char authentique résistant. Je le dis tel quel parce qu’aujourd’hui il n’y a plus vraiment de résistants. Et puis, comment résister à la puissance aveugle des multinationales qui font la pluie et le beau temps ? Et quel lien y a-t-il entre une manifestation poétique et une manifestation économique ? J’en sais rien, mais il doit bien y avoir un lien quand même. Des centaines de troupes théâtrales ce sont de centaines de PME poétiques que le système instrumentalise d’une manière ou d’une autre. Le sponsoring bénéficiant surtout aux sponsors. De même que dans l’économie ce sont les PME qui financent l’Etat et les multinationales. C’est Claire comme dirait Char.