Alors on pense à plein de choses qui se passent loin et devrait nous laisser indifférents. Ainsi des soldats américains qui se suicident en masse registre des dégâts collatéraux tout bénef pour les terroristes et autres combattants de la liberté. En parlant de liberté vu que le sieur Berlusconi va créer un nouveau parti le parti du peuple italien pour les libertés et c'est bien de lui cette liberté plurielle et ce peuple italien populiste qui va bien dans son conformisme fasciste et d'ici à ce que le mot d'ordre de ce parti soit Arbeit macht Frei il n'y a qu'un pas de l'oie. Ce mec-là doit regretter l'absence des Brigades rouges de Prima linea qui eussent été les seuls à le faire entrer dans la grande histoire au côté d'Aldo Morro et de quelques autres lui qui se sent victime de moult complots fomentés pas les cocos et autres gauchistes mais apparemment personne ne veut se salir les mains et puis en fait il n'est rien c'est un tout petit capo friqué vendeur d'aspirateurs et le fric ne peut faire d'un minus haben un grand homme sauf à marcher sur des semelles compensées. Les italiens se foutent bien de ce bonhomme et nous aussi c'est juste histoire de passer le temps que de le perdre un peu avec lui parce que nous avons du temps à perdre à perte de vue bientôt sans cheveux sans dents sans yeux mais pas là de quoi s'inquiéter ah non sûrement pas ah bordel de merdre! Même lorsque tout devient cinglé dans cette mondialisation globalisation qui favorise surtout les divisions les séparations les divorces la France recoupée en deux la Belgique idem et le Kosovo et plus les gens sont sommés de vivre ensemble multi-ethnicité oblige et plus ceux qui vivaient ensemble dans une sorte d'homogénéité culturelle presque parfaite tendent désormais à se séparer et le courant est si puissant que j'en viens à craindre pour la Suisse bon craindre est un grand mot-affect toujours est-il qu'avec cette manie qu'on certain de vouloir toujours faire comme les autres on est en droit de voir des grossesse nerveuses et des symptômes de rejets là où il y de l'homogénéité constitutionnelle c'est pourquoi on lit en ce moment disons quand on écrit pas un livre de Didier Daenincks qui colle bien à l'air du temps : Itinéraire d'un salaud ordinaire.
Je livre ici tel quel ce qui relève de mes préoccupations intellectuelles et autres, lointaines et existentielles, des petits événements sans importance.
lundi, novembre 19, 2007
Des salauds ordinaires.
Alors on pense à plein de choses qui se passent loin et devrait nous laisser indifférents. Ainsi des soldats américains qui se suicident en masse registre des dégâts collatéraux tout bénef pour les terroristes et autres combattants de la liberté. En parlant de liberté vu que le sieur Berlusconi va créer un nouveau parti le parti du peuple italien pour les libertés et c'est bien de lui cette liberté plurielle et ce peuple italien populiste qui va bien dans son conformisme fasciste et d'ici à ce que le mot d'ordre de ce parti soit Arbeit macht Frei il n'y a qu'un pas de l'oie. Ce mec-là doit regretter l'absence des Brigades rouges de Prima linea qui eussent été les seuls à le faire entrer dans la grande histoire au côté d'Aldo Morro et de quelques autres lui qui se sent victime de moult complots fomentés pas les cocos et autres gauchistes mais apparemment personne ne veut se salir les mains et puis en fait il n'est rien c'est un tout petit capo friqué vendeur d'aspirateurs et le fric ne peut faire d'un minus haben un grand homme sauf à marcher sur des semelles compensées. Les italiens se foutent bien de ce bonhomme et nous aussi c'est juste histoire de passer le temps que de le perdre un peu avec lui parce que nous avons du temps à perdre à perte de vue bientôt sans cheveux sans dents sans yeux mais pas là de quoi s'inquiéter ah non sûrement pas ah bordel de merdre! Même lorsque tout devient cinglé dans cette mondialisation globalisation qui favorise surtout les divisions les séparations les divorces la France recoupée en deux la Belgique idem et le Kosovo et plus les gens sont sommés de vivre ensemble multi-ethnicité oblige et plus ceux qui vivaient ensemble dans une sorte d'homogénéité culturelle presque parfaite tendent désormais à se séparer et le courant est si puissant que j'en viens à craindre pour la Suisse bon craindre est un grand mot-affect toujours est-il qu'avec cette manie qu'on certain de vouloir toujours faire comme les autres on est en droit de voir des grossesse nerveuses et des symptômes de rejets là où il y de l'homogénéité constitutionnelle c'est pourquoi on lit en ce moment disons quand on écrit pas un livre de Didier Daenincks qui colle bien à l'air du temps : Itinéraire d'un salaud ordinaire.
Retour en enfer.
Le président des États-Unis, George W. Bush, qui s’est adressé à sa nation, lors d’une allocution télévisée se félicite de la situation en Irak (1 millions de morts, 1 million de blessés graves, 3 millions de personnes déplacées depuis l’invasion anglo-saxonne). Surtout, il annonce le retrait de 5 700 soldats.
Dans le fatras de cette conférence, pas un mot sur les soldats qui sont abandonnés à leur retour au pays, sur les six mille d’entre eux (sans doute est-ce cela qui appelle le « retrait ») qui se sont suicidés en 2005, (sans doute est-ce cela qui appelle le « retrait. ») Sur les cinq cent mille vétérans désormais SDF ni sur les 17 soldats qui chaque jour se suicide, sans rien dire de ceux qui sombrent parce qu’en fait, comme il le dit : « Le principe de base de notre stratégie est que le fait d’assurer la sécurité de la population irakienne est le fondement de tous les autres progrès. »
Et il a encore des gens pour défendre ce clown misérable et qui croient à la vertu du patriotisme.
mercredi, novembre 14, 2007
Doc de l'après-midi.
Bon, c’est presque l’heure de mon rendez-vous.
Il est quatorze heures et il neige un peu. Quel scoop ! Et je me prépare à un rendez-vous chez le toubib, petit check-up pour le permis de conduire, simple formalité. On dit toujours ça et voilà que tout soudain il vous détecte comme une saloperie. Trente ans que je n’ai pas mis les pieds chez un doc à part pour mon permis. Moins on les voit comme on dit, mieux on se porte et ils ne pensent pas autrement. Bon, tout cela est sans intérêt mais je m’en fous puisque personne ne vient lire ce que j’écris sur ce blog, lequel me sert juste de dépotoir, de vidoir de tiroir, de poubelle. Les quelques 200 visiteurs qui sont passés l’ont vite compris et ils ont eu raison de na pas insister davantage. Au demeurant je déteste les remarques et autres commentaires. D’accord, c’est un rien provoc ce type d’argument, mais c’est vrai, moi, la reconnaissance j’en ai strictement rien à branler – que ce soit à n’importe quel titre. Depuis Hegel et sa soi-disant recherche de la reconnaissance je me mare. Ainsi, tout le monde voudrait être reconnu pour ce qu’il est, ce qu’il fait – quelle vanité idiote. Maître et esclave nous le sommes tous à un moment ou un autre… L’homme est presque une femme comme les autres et je suis presque sûr que s’il avait un membre long et souple et dur à la foi il saurait parfaitement se passer des femmes et être androgyne sans le sexe de la femme. Platon qui avait des éphèbes à son service aurait dû le savoir plutôt que de faire croire qu’à l’origine on était deux pour un. On est bien plus que ça je l’ai déjà affirmer et je confirme.
lundi, novembre 12, 2007
Retour à la nature?
Zut ! Enfin, merde. Il y a des matins comme ça, on a plus envie de rien, rien ne vous fait plus envie qu’une femme mais elle n’est pas là, pas tout de suite, pas dans l’instant, et il faut différer, on est dans la différance, l’attente et cette attente ressemble à l’éternité, alors on se dit pourquoi ne pas l’affronter tout de suite, là, maintenant. Longtemps de je suis dit que le jour où cette attente sentirait l’éternité – et pour satisfaire aussi à un fantasme maternelle ; elle me traitait d’assassin dès mon plus jeune âge, ma mère, la garce ! Soi-disant que je la tuais à petit feu. Tu parles ! Maintes fois dans mes rêves je l’ai tuée, crac ! D’un seul coup, de la magie quasiment, pensée magique, souhait exhaussé illico comme qui dirait sur le champ, ce champ de bataille insensé où se déroulait nos relations, bref, si aucune femme n’exhaussait mon vœu d’être tué par l’une d’entre elles alors je suis me ultime recours. Ce matin je suis habité par ça, CA ! Captif d’une pulsion qui le dispute à ma nonchalance, ma paresse naturelle, toute une idiosyncrasie partagée, hystérique, entre tous les autres du même et franchement c’est pas de la tarte. Ecrire ainsi permet de combler un vide, car toute attente est un vide, un trou d’où fuient tous les contenus qui nous constituent. Nous sommes là à contempler cette fuite qui n’est pas celle des souvenirs, des représentations, non, ce serait plutôt quelque chose qui nous tient lieu de sentiments, d’affects, de volition, un épuisement de la volonté facile vu que celle-ci ne veut rien, à part durer. C’est ainsi que la nature s’affirme et se dépasse en se niant dans sa forme la plus anodine. Et il faut toujours qu’elle ait le premier et le dernier mot dans cette aventure. C’est pourquoi, quand les hommes prétendent sauver la nature c’est surtout eux qu’ils tentent de sauver parce que la nature n’a jamais eu besoin d’eux ni de moi en particulier. Du reste, je me demande si quelqu’un a besoin de moi mais la réponse est si évidente que la formuler n’a pas de sens.
samedi, novembre 10, 2007
Jglup!
En avoir ou pas.
Nous aimerions de plus avoir envie de lire la presse tant elle est soit déprimante soit débile soit enrageante. Par exemple, voici que les occidentaux reprochent aux pays émergeants de faire comme ils faisaient eux-mêmes lorsqu’ils se développaient et dominaient le monde. Ainsi, ces derniers soupçonnent la Chine, qui investit massivement en Afrique, de chercher à mettre le grappin sur les matières premières. Salauds de Chinois ! Jamais les occidentaux ne feraient une chose aussi dégueulasse ! Evidemment on ne peut pas le dire tel quel. Pensez ! Les yankees qui vivent toujours au-dessus de leurs moyens, à crédit – intellectuellement aussi, le doivent aujourd’hui à la Chine, au titre de son sens de l’épargne – pour les vieux jours. C’est donc grâce à l’achat massif de bons du trésor américains par les Chinois que les cigales yankees peuvent péter plus haut que leur cul et consommer tel un bas prolétariat qui ne convoiterait que le confort de l’intérieur bourgeois et ses horizons de cuistre, comme disait Lévinas. (Comme disait, merde alors, je n’ai pas pu m’en empêcher.) Ces mêmes chinois qui sont en train de mettre leurs grappins aussi sur les fonds de pensions. Demain, ce seront les chinois qui payeront leurs retraites aux américains. Mais cela ne sera jamais pire que lorsque c’était une bande de débiles et de salauds américains qui firent disparaître plus de 200 milliards de dollars du fonds de pensions des employés californiens qui se retrouvent le cul dans la merde et rien que des larmes pour tour réconfort.
Restons en Amérique et plus particulièrement à New York où le chef de la police, d'abord chauffeur et garde du corps de M. Giuliani, Bernard Kerik avait été nommé chef de la police de New York en 2000, lorsque Giuliani était maire de la ville. Il était à la tête de la police lors des attentats du 11 septembre 2001 contre le WTC.
Autre affaire lamentable, les enfants de Zoé. Voilà une équipe d’humanistes africains qui débarque dans les banlieues parisiennes afin de soustraire à la misère ambiante mille enfants pour les refiler à des couples dont le seul désir est d’en posséder un. Depuis que l’essentiel est produit à l’étranger et que les enfants sont aussi des produits comme les autres il convient naturellement d’aller les acheter là où ils sont produits selon des méthode encore naturelles. On est écolo ou on ne l’est pas. Soit, vouloir sauver à tout prix des enfants honore. Mais tout de même, je ne crois pas une seconde que ce soit là la véritable motivation. Dans la région où ces gens sont allé les chercher « ces orphelins » travaillent environ quinze mille humanitaires, des centaines d’ONG dont aucune ne s’est jamais essayé à expédier par avions des gosses dans un pays étranger. Donc, imaginez une centaine de petits banlieusards tout pâles débarquant sur la terre brûlante d’Afrique… Pour les sauver. J’entends mal aussi ces couples en mal de mioches exotiques si possibles. Qui plus tard ne pigeront rien quand l’ado leur gueulera dessus des t’es pas mon papa t’es pas ma maman. Et les potes à l’école, toujours tellement délicats : ils t’ont acheté combien tes vieux ? Les ados, tellement subtiles ! Lucides combien ! Ah, décidément les erreurs !
Aux dernières nouvelles il est de plus en + question de kidnapping.
Hé puis il y a aussi les preneurs d'otages! Une bande d'hollywoodiens! Désarmés, lâchant leurs stylos et leurs pc., lâchant les accros des séries cultes, toutes cette bande mondiale d'encultés à tort et à travers. La grève des scénaristes. Les salauds! Toutes nos suites en rade, nos hèros tourneboulés et roulés dans la cocaïne... heu, la farine, tous, flics, tueurs, paumés, rescapés, fuyards et taulards, putains et catins évaporés et nous, transis d'angoisses, agités du suspens suspendus au pourcentage, au marchandages... La galère quoi. Le monde en otage et le temps des rediffusions... des re-re-diffusions, transfusions à la con histoire d'exciter encore un peu + la connerie mondiale, globalisée.
A quand une grève des écrivains? Bof, même s'ils cessaient d'écrire pendant un siècle il y aurait toujours et encore pour longtemps de quoi lire, aussi, on se demande bien pourquoi ils continuent. Peut-être que certains répondent à cette question aux Assises internationales du roman, tenues ce printemps à Lyon.
On se pose aussi cette question - bien qu'on ne soit pas toujours dans le questionnement nous autres, de Platon à Heidegger dont on vient d'éditer la correspondance d'avec son épouse. Elle aimait pas les juifs et cette animosité pour ne pas dire cette haine est toujours d'actualité. Il faut dire que l'extension des colonies en Cisjordanie ne va pas arranger les choses. Toujours la force de l'inertie et il en va de même pour nos représentations, lesquelles certes ne sont plus très à la mode bien qu'elles continuent à constituer la force de nos préjugés, si compliqués du reste, que leur remise en question tient de la quadrature du cercle. La preuve, ils sont des milliards à croire encore que tout ce fourbi qu'on appelle le ciel est la terre est l'œuvre de quelqu'un.
Accointances: Page 22 du Monde du 3 novembre:
La Tunisie. Le régime du président Ben Ali, en vingt ans, a réduit au silence toute la presse libre.
Page 24.
Tunisie. Un tourisme prometteur.
mercredi, novembre 07, 2007
Ni putes ni soumises... à d'autes!
Et voilà, merde, c'est toujours ainsi que cela se passe. Les gens motivés par les meilleures intentions finissent toujours - trouvent toujours les moyens de se brouiller. Toujours des traîtres d'un côté, des naïfs de l'autre. On en sortira jamais. Les meilleures amies du monde. Sautant d'un bord l'autre, une fois à gauche une fois à droite, comme à l'armée: gauche! Droite! Gauche! Droite! Et avec Fadela ce sera bientôt le pas de l'oie.
lundi, novembre 05, 2007
23'935
Ah nom de dieu ! Lundi matin, encore. 23'935 lundis matin. L’autre avait raison de dire que chaque matin qui se lève est une leçon de courage. Mais il est mort et moi-même je ne me sens plus très bien. C’est pourquoi depuis longtemps j’ai choisi la facilité. Plus tout se complexifie et plus il faut faire simple sur les chemins de la vérité. Ah la vérité !... même le vraisemblable est déjà problématique, alors questionner la vérité… l’évidence, du point de ou du n’est pas Copernic qui veut. Ce n’est pas les points de vue qui manquent, ça c’est une évidence, et de la langue en est une autre. Même les langues mortes sont encore un point de vue, ce qui a induit certains à faire de la langue l’essence, pour aboutir à une sorte de métaphysique de la mort. Comme quoi on est toujours enduit avec de l’erreur. Mais l’erreur pourrait-elle être bactérienne ? On a déjà tellement de mal à se mettre dans la peau des autres puisque nous sommes plusieurs à la fois, bordel quel casse tête ! Soit, j’ai bien vu que tous les écrivains réussissent à se mettre non seulement dans la peau mais dans la tête aussi, dans les gènes des autres parce qu’ils savent inventer et tout est là. Alors la conclusion est simple comme bonjour mais point les conséquences. C’est que je suis, que je me suis totalement inventé. C’est dire que cette notion d’identité dont on nous bassine les yeux et les oreilles, tellement au goût du jour, LE gargarisme ! Est une sacrée foutue invention. Il convient toujours de procéder par élimination – exclusion est plus à la mode aussi. Et à la fin qu’est ce qui reste en la demeure ? Moi. Mais là encore on se heurte au rejeton de la famille, à papa/maman, au nom et au non qui se tient en réserve et qui surgit tous les lundi matin. Il y en a quelques uns je buvais un café avec une amie qui buvait aussi un café et elle fumait tout comme moi et tout comme moi elle voyait le monde en capilotade… une sorte de point de vue du bistrot rythmé par du jazz. Et notre bavardage je ne sais plus comment m’amena à dire qui sait pourquoi, sans doute les associations d’idées, le bruit des mots, la rumeur, que par exemple, mais de quoi, celui qui avait ; je sais que je ne sais rien était aussi logique que le philosophe crétois qui disait que tous les crétois sont des menteurs, parce que s’il ne sait rien comment peut-il savoir qu’il ne sait rien ? Il n’était pourtant pas crétois. Donc, la vérité n’est qu’une forme de mensonge et la vérité pas plus que lui ne s’élève, elle tombe toujours et encore relativement. Et le plus souvent aussi elle tombe mal. Elle fait comme une pierre des ronds dans l’eau qui, lorsqu’ils touchent le rivage la cause est oubliée. Les mots c’est pareil même bien enchaînés les uns aux autres d’une manière très formelle, comme les lundis aux dimanches et aux mardis. Pour certains il est le premier jour de la semaine et pour d’autres le deuxième. Il en va de même du rapport sujet/objet. Tout est question de conventions. Il faut respecter les conventions et ce respect – cette acceptation qui relève du dressage, de l’éducation, de l’enseignement c’est d’emblée ce qui nous situe du point de vue de l’autorité, ce qui nourrit notre autoritarisme par délégation. Une certaine logique fait autorité en matière de… Creuser la matière des choses et des mots pour découvrir le sens, investir dans l’investissement. C’est ce qui prend tous les lundis matin et j’avoue que le reste de la semaine n’est jamais assez long pour m’en remettre.
mardi, octobre 30, 2007
Violence raciste.
Une jeune fille de 16 ans, d'origine equatorienne, a été agressée dans le metro de Barcelone devant les caméras de sécurité.
Un ignoble imbécile qui a dû raconter son exploit à ses potes, comment que je l'ai cogné, s'avez vu ce coup de pied dans la gueule! Cool non! La salope elle en a pris hein! Là, vous m'entendez bien les gars! Personne bouge, j'vous dis, tous la trouille! C'est du live les mecs, je cogne en live cette pute à la peau bronzée... bon, sorteu les cervesas j'arrive! Viva la muerte!Sûr qu'il racontait tout ce qu'il faisait. Un pauvre gars sans doute, vivant dans une banlieue avec un père au chômage, victime de discrimination. Je ne doute pas une seconde que des experts psychiatres et des avocats vont lui trouver toute sorte de circonsatnces atténuante à cette jeune ordure dans le genre une enfance difficile, un père alcolo et une mère prostituée. Mais personne ne dira jamais que cette lavette n'est qu'un minable nostalgique du franquisme, un raciste ordinaire, une vraie merde comme il en existe partout dans les rues et les caves, de cette espèce si minable qu'elle ne peut s'en prendre qu'à plus faible qu'eux. Ah que faisait Bronson le justicier de la nuit? et superman? no boddy comme toujours sauf les lâches - et les voyeurs comme moi, comme nous tous. Me serais-je levé? aurais-je eu le courage de me précipiter sur cette merde et de lui ballancer mon soulier dans les couilles? Probablement pas.
Propaganda.
Il y a longtemps, quand j’allais discuter sur le forum du « Monde » avant qu’il ne m’en coûte cinq, six euros pas mois ce qui n’est pas grand-chose mais j’avais des problèmes techniques pour faire parvenir cette somme alors j’ai laissé tomber. Dommage, parce que je me souviens qu’il y avait alors des gens passionnants, brillants autant que farfelus. Je suis allé ce matin jeté un coup d’œil mais je n’y ai vu aucun des pseudos d’alors. On-t-ils déserté ? Changé de nom, passé à autre chose ? Au blog ? Au site perso ? Fulcanelli, entre autres, (FULCANELLI signifiant le Feu du Soleil était déjà le pseudo d’un alchimiste) un type à l’imagination mystico-pseu-scientifique mirifique. Moi j’avais comme pseudo RDV 1942. Toujours aussi paresseux. Letel, je crois bien, un pseudo que je voulais rencontrer au bar du Hilton de Roissy m’avait demandé si cela voulait dire rendez-vous à 19heures quarante deux.
Sur un site je suis tombé sur de contributions d’un Letel qui finit ainsi : « Il faut des milliards d'ajustements décentralisés, pour avoir une chance d'avoir un système qui répond aux besoins. La liberté des prix joue ce rôle.
Bon, tyrannie + pénurie, vous pouvez garder votre brillant système pour vous ».
Pas de doute, c’est tout à fait son style ; me traitait aussi d’hystérique… et il avait raison, mon psy l’a confirmé, mais quoique je ne partageais pas vraiment toutes ses idées – très proaméricain, social-démocrate etc., attaché aux « faits » comme une moule à son rocher – je trouvais avec lui quelqu’un à qui parler. Bref, passons. Ce matin donc je me suis demandé si je pouvais retrouver quelques une de mes contributions histoire de mettre la main sur les propos que je tenais relativement à la publicité comme nouveau moyen de propagande. Cette idée m’a été inspirée par la lecture d’un article du Monde des Livres intitulé « Les sortilèges de la persuasion », dans lequel il est question de la storytelling, la machine à fabriquer des histoires et a formater les esprits. Une technique qui consiste à inventer des histoires (fake story) destinées aux journalistes politiques afin d’évacuer les vraies questions de sociétés et de détourner l’attention des véritables problèmes. Un peu comme a tenté de le faire cette pauvre mais célèbre journaliste yankee de CBS avec Sarko et Cécilia. Bref, Ce storytelling managment permettrait comme le disait un conseiller de B.Clinton, de faire élire n’importe quel acteur d’Hollywood à la condition qu’il ait une histoire à raconter. Une histoire avec des gentils et des méchants en somme la façon la plus efficace pour réenchanter le monde de la politique ou de la pub comme Nike qui pour faire oublier qu’il exploite des enfants prend des engagements écologiques. Ainsi, ce dont on ne parle pas n’existe pas. C’est désormais aussi l’autocensure qui est à l’œuvre. Comme le dit Guy Hermet (toujours dans Le Monde) notre liberté de parole est de plus en plus encadrée par une sorte de préservatif lexical qui garantit la « bonne » pensée. Aussi, comment choisir quand tout le monde raconte des histoires sur les hommes et les produits, quand les mots ou les images servent de paravent à la réalité, celles des jours, celle que l’on vit et qui nous fait douter de tout, de nos jugements, de nos sensations, de nous-mêmes ? Quand le vrai et le faux se mélangent comment ne pas se perdre ? Certes, nous devons faire un trait sur les certitudes, vaquer dans l’incertitude, l’incertain, promis au rang de concept scientifique, entendre gouvernance au lieu de gouvernement, concurrence au lieu de lutte des classes, dire fasciste plutôt que sale fasciste, communiste ou capitaliste : sale c’est vilain, insultant. Donc, plus de sales cons, plus que des cons captifs de plus en plus de la novlangue et du politiquement correcte, des guerres propres, de la chirurgie esthétique et des fausses lèvres pour de faux mots. Quand enfin tout sera faux tout sera vrai. Un véritable monde quantique, enfin.
Le dernière phrase de Letel illustre bien ce monde-là.lundi, octobre 29, 2007
Béatification...
Lundi matin, l’empereur, sa femme et le petit prince – sont venus chez moi… Manque la mélodie.
Soit, il y avait Glucksman, Sakharov, Khodorkovski… et Elena Bonner. Le premier prenant la défense du troisième, relégué depuis quatre ans en Sibérie. Tous les défenseurs des traditions, doivent être satisfaits. Vive les traditions ! Mais bon, passons. Glucksman ne croit pas à la solidarité entre capitalistes ; il écrit : capitalistes de tous les pays unissez-vous ? Tu parles ! (Il n’avait pas lu la pleine page de pub d’EXANE du Monde, CAMARADES PATRONS !) Sous prétexte que les autres oligarques russes ont laissé tombé Khodorkovski. Comme s’il était un capitaliste, un valeureux chevalier d’industrie et pas un type aussi malin que les autres auquel quelques américains flairant le bon coup à qui on aurait refilé des centaines de millions de dollars pour mettre le grappin sur une entreprise d’Etat soviétique après la disparition de celui-ci, du pétrole et du gaz… Cette manne qui gît dans la terre et qui est si vitale… Khodorkovski c’était l’un de ces nouveaux agents de l’impérialisme économique et politique de l’Amérique, du libéralisme économique, de la loi du plus fort. Et si comme le dit justement Glucksman, Moscou ressemble aujourd’hui au Chicago des années Capone, alors Khodorkovski n’était rien d’autre qu’un gangster parmi des gangsters et pour l’instant le plus fort et le plus puissant c’est Poutine. Et, tradition oblige encore une fois, Poutine élimine tous ceux qui le gênent. Peut-on lui en vouloir de respecter les traditions ? Et bien oui. Mais allez dire aux gens que leurs traditions c’est de la merde… une sorte d’ossature, de calcification du cerveau. Ils vous lyncheraient s’ils le pouvaient.
Le petit prince Khodorkovski n’avait aucune chance contre l’empereur Poutine… Mais le culte des héros… Pougatchev et la grande Catherine… Lénine et Staline… Et le peuple est sommé de choisir et lorsqu’il se trompe, comme cela arrive presque toujours – voyez comme le monde, libéré de l’empire du mal vire à peu près partout au fascisme – on crie contre le vainqueur. Parce que, Poutine, c’est bien Eltsine le vainqueur des poutchistes contre la Maison blanche qui l’avait désigné, comme Lénine avait désigné Staline, l’élu de l’élu et même si la moitié des Russes crèvent la faim et il est tout de même l’élu – c’est religieux – parce que tous les crève-la-faim et les échappés du goulag et de la terreur sont allés pleurer sur le cadavre puant de Staline.
A qui faire confiance ? Aux hommes ou aux systèmes ?
Pensez, un quart des Allemands pensent encore aujourd’hui que le nazisme avait du bon et qu’il y a sûrement des gens malhonnêtes qui n’ont pas osé dire ce qu’ils pensent vraiment, tout au fond d’eux-mêmes.
Des nazis il y en a jusqu’en Israël et des religieux aussi qui ont pour héros le « sauveur » Yigal, l’assassin de Rabin et pensez que le pape de Rome vient de béatifier 498 "martyrs" des "persécutions religieuses" de la guerre civile espagnole après les 471 de J-P2.
On est dans la même veine de Pie XI qui bénissait les canons fascistes en partance pour l’Ethiopie. Quant on nous dit que le monde change.
lundi, octobre 22, 2007
Clichés.
Dimanche matin, sur le coup de dix heures, j’ai quand même voté socialiste et plutôt deux fois qu’une. Je n’avais pas le choix. Tous les autres étaient à droite. Y aurait-il eu des représentants de l’extrême gauche je n’auraient pas voté pour eux même si le cœur plus que la raison m’y inciterait. J’ai déjà dit pourquoi. Nous sommes tous déchirés, eux se déchirent alors qu’ils prétendent défendre les mêmes principes, les mêmes valeurs et autres mots d’ordre : solidarité, révolution, justice sociale etc. Le train de l’histoire est toujours le plus fort dans ce rapport de force. Il ne reste que la résistance, ce petit raidissement individuel, maniaco-dépressif et autodestructeur dont je suis captif. La droite l’a donc emporté et c’était prévu, la « gauche » laminée. C’est aussi ça la démocratie. J’ai peu suivi une campagne qui semblait se résumer à une bataille de personnes. Un noir, ancien requèrant d'asile a été élu au Conseil National, tant mieux. Ca doit faire chier un chef de la police raciste qui lui cherchait des poux. Après son élection l'élu a dit:
Je ne cherche pas a être un anti-Blocher, je n'ai pas été désigné pour combattre quelqu'un mais pour défendre des idées et ma région.
Un copain musulman - j'en ai un ou deux m'a dit : moi a sa place je défendrais l'islam.
Du coup j'ai perdu un copain.
Contre le milliardaire populiste Blocher et ses moutons noirs certes, mais pas un mot sur son ultralibéralisme et ses talents d’exploiteur de l’homme pas l’homme. Blocher le nationaliste cet avatar de la mondialisation capitaliste. Sa victoire va dit-on terni l’image de la Suisse. Et alors ! Elle était déjà floue et fausse elle ne peut devenir que plus transparente et va enfin transparaître. Telle qu’elle est avec ses riches toujours plus riches et ses pauvres toujours plus nombreux et plus pauvres telle qu’elle l’est depuis belle lurette. La Suisse humaniste, du folklore ! Une image travaillée par les idéologues bourgeois, peaufinée à l’excès. Que le verni s’écaille enfin, tombe. Aux rebus les acquis concédés par les bourgeois durant la guerre froide, quand le patron c’était l’Etat et l’armée, quand les banquiers étaient colonels et les hauts fonctionnaires majors. Ceux qui décident et ont les moyens d’imposer leurs décisions ce sont ceux qui possèdent le fric. Et comme disait l’autre : si tu vois un banquier sauter par la fenêtre saute derrière lui il y sûrement de l’argent à gagner. C’est ça l’horreur économique dont parlait le poète. Et l’unique matière première dont le prix ne monte pas dans les bourses… enfin, si ailleurs sa monte si ce n’est pas le prix, c’est bien celui de l’être humain. La pléthore ! C’est dire qu’il ne vaut plus grand-chose, qu’il soit noir blanc jaune ou vert fermé sur ses certitudes dont plus courante est qu’il vaut plus que l’autre et que son destin est de se venger d’avoir valu moins jadis. Les illusions nourrissent toutes le vengeances. Il aura fallu des siècles aux bourgeois pour arracher le pouvoir à la noblesse et au clergé et il en faudra autant aux désillusionnés de la modernité pour en arracher un peu au pouvoir de la finance. Le nombre ne fait la force que dans les configurations archaïques… la productivité aujourd’hui en est la preuve. Moins on est plus on est efficaces. Evidemment, les groupuscules de l’extrême gauche prouvent aussi le contraire c’est pourquoi ils ne manquent pas de faire un bout de chemin avec les fascislamiques, dans la même impasse qui fut celle des mouvements extraparlementaires italiens qui voulaient aussi faire un bout de chemin avec les fascistes. Mais le monde n’est plus dirigé par les idéologues mais les hommes d’affaire, qu’ils appartiennent la camorra, la dranghetta, la CIA ou le KGB ou encore le complexe militaro-industriel, IBM et Microsoft, Coca cola et Novartis, Nestlé ou Gazprom, et tous ont le même but, vider nos poches. Leur instrument pour dépouiller les gens, la publicité.
En France Sarkozy s’est fait élire haut la main avec les mêmes idées que Blocher en Suisse. Freiner l’immigration sauvage, expulser, limiter les aides aux clandestins et il fait un tabac aux pays des Droits de l’hommes… ça c’est les Droites de l’homme. Il a même aspiré dans sont tourbillon des hommes et des femmes soi-disant de gauche. A-t-il nuis à l’image de la France ? Et puis, un homme peut-il être l’image d’un pays ? Cette idée saugrenue montre bien à quel point nous aimons les images, les idoles, les icônes, les clichés. Les clichés débiles de la Suisse sont en train d’être falsifiés et c’est une bonne chose.
Aujourd'hui sur ordre expres de Sarkozy les lycéennes et les lycéens redront hommage à un jeune résistant communiste fusillé par les nazis. Un parmi des dizaines de milliers, un jeune de 17 ans et je me demande pourquoi lui. Pourquoi lui qui déteste le communisme a-t-il choisi justement un communiste? C'est louche. Sa lettre l'a fait pleurer... zut, moi aussi. "A ma petite maman chérie, ça commence, dans l'intime, la famille, c'est sûrement ça qui émeut le Président, la famille... pas le communisme ni la résistance ni la mort prématurée... Mais le patriotisme, ah le patriotisme! L'identité nationale!... La nation, pas le peuple. Le petit Guy, encore une icône bientôt sur les tishurts, les posters, en tatouages... Un message pour les jeunes... Visez le courage, l'héroïsme, le sacrifice de soi! Pauvre petit Guy qui avait choisi de se battre, pas de mourir, surtout qu'il n'avait encore jamais embrassé sa bien aimée, c'est le plus triste, de mourir sans avoir connu l'amour.
Ah, et puis les polonais ont viré l'un des deux jumeaux, reste à virer l'autre... Bien pire que notre tribun milliardaire, big boss de l'UDC et copain comme cul et chemise avec le PRD. Au deuxième tour ils font parfois ticket commun. Normal, les mecs de droite avec les mecs de droite, le fric avec le fric. Tout comme Sarkozy qui a su attirer les partisans de Le Pen, et dire que j'ai voté pour des socialistes... Les fossoyeurs de la lutte des classes, du prolétariat, qui s'en employé à lumpenriser le prolétariat... Les bras m'en tombent, on bricole vraiment dans l'innommable.
samedi, octobre 20, 2007
STGM
Divers entreprises – les plaintes de victimes de l’apartheid, des ouvrages qui dénoncent l’implication des banques suisses dans la traite des esclaves – tendent à démontrer, à prouver que les banques et autres institutions financières sont impliquées dans les crimes désormais contre l’humanité comme le racisme ou l’esclavagisme ce qui est identique. Que cela se produisait déjà au XVIIème siècle et quoi que l’esclavagisme remontât historiquement à la préhistoire – rappelons qu’au temps de la gloire de l’Egypte il y a plus de 4000 ans les occidentaux étaient au bas de l’échelle de races vu qu’ils en étaient comme des bêtes à habiter encore des grottes – et qu’historiquement les peuples qui perdaient une guerre étaient réduits à l’esclavage et que même les esclaves fournissaient toujours la main d’œuvre dans la Grèce – enfin dans l’Athènes démocratique. Aussi bien, presque tous les peuples de la terre – pour autant qu’ils n’aient pas disparu seraient en droit d’exiger réparation. Nous avons décidé en occident – principal acteur de ce système – de considérer cette atteinte à la dignité humaine comme un crime et à juste titre. Il n’en va pas de même partout et de nos jours encore, dans ce qu’il est convenu d’appeler la plus grande démocratie du monde, l’Inde, ils sont encore des centaines de millions d’esclaves, pour ne rien dire de certaines régions d’Afrique et de l’extrême-orient.
L’ironie de l’histoire c’est que les plaintes sont déposées devant des tribunaux US les USA pays qui a le plus et le plus longtemps profité du système, qui doit même dans une certaine mesure à ce système sa puissance actuelle. Un pays qui n’a « libéré » les esclaves du Sud que pour pouvoir mieux les exploiter dans le Nord aussi.
Le commerce des esclaves était jusqu’à il n’y a pas si longtemps un commerce comme les autres et la plupart des soi-disant peuples civilisée n’y trouvaient rien à redire. Racisme et esclavagisme vont de paire.
Mais il faut aussi le dire, tous les peules, toutes les civilisations ont été et sont encore racistes, hélas. Voyez le Japon, voyez la chine, visez du côté de l’islam… Tous se sentent supérieurs les uns par rapport aux autres.
DAKAR (AFP) — Le quotidien privé sénégalais Le Populaire a dénoncé vendredi les propos du prix Nobel de médecine (1962) américain James Watson, qu'il a qualifié de "Nobel de racisme" pour avoir affirmé que les Africains étaient moins intelligents que les Blancs.
Par ses déclarations, le Dr Watson, codécouvreur de l'ADN, montre qu'il "(déteste) génétiquement les Africains", affirme Le Populaire, qui lui décerne trois fois le "Nobel de racisme".
Le journal accuse le scientifique américain d'être un "raciste multirécidiviste", en exprimant des doutes sur sa santé mentale. "A 79 ans, il pourrait ne plus avoir toute sa tête, même s'il a des activités professionnelles intenses", écrit-il.
James Watson s'est attiré une salve de critiques après la publication le 14 octobre par le journal britannique Sunday Times d'un entretien dans lequel il s'est dit "foncièrement pessimiste sur l'avenir de l'Afrique".
"Nos politiques sociales se fondent sur le fait que leur intelligence est la même que la nôtre (Occidentaux blancs, ndlr), alors que toutes les recherches disent que ce n'est pas vraiment le cas", a déclaré le Dr Watson, qui dirigeait un important institut de recherches aux Etats-Unis et a depuis été suspendu de toutes les fonctions administratives qu'il occupait.
"Les gens qui ont affaire à des employés noirs trouvent que ce n'est pas vrai", a-t-il ajouté.
Ses propos ont suscité des protestations en Grande-Bretagne, où il s'est rendu cette semaine pour la sortie de son dernier livre, mais également dans son propre pays.
Comme quoi on peut être Nobel et bien con.
Et les auteurs de la célèbre courbe Bell en faisaient aussi d’une certaine façon en prétendant que le QI des asiatiques était 10% supérieur à celui des blancs.
Bon, nous le voyons bien, tous les jours, dans l’économie de marché les hommes sont des marchandises comme les autres. Tant qu’elles peuvent servir à quelque chose il faut en user, les user puis les jeter, mais en user de plus en plus longtemps et usagés ils restent des consommateurs ce qui est vachement important !
Le problème aujourd’hui c’est qu’ils sont, nos critiques, de moins en moins nombreux à faire le lien entre le racisme et le capitalisme. Le capitalisme c’est la continuation systémique du racisme et de l’esclavagisme parce que nous sommes toujours dans la « mal mesure de l’homme », comme on associe la richesse à l’intelligence… le reste coule de source. La preuve c’est que « riches de tous pays unissez-vous » - c’est du gâteau. Une façon de diviser les autres et les autres se divisent effectivement. La pauvreté crée de la haine et sur la haine on ne peut rien construire. Pas la peine de dire « aimez-vous les uns les autres » parce que pour aimer il faut être deux… à trois c’est foutu. Sic transi gloria mundi. Ah merde !
mardi, octobre 16, 2007
Le New York Times.
Une amie avec qui je buvais un verre, samedi matin, m’a fait voir le New York Times. Il y avait un dessin débile. Un homme faisait de la croix suisse une croix gammée. Sans doute pour l’article consacré à la bagarre entre des casseurs et des flics dans la ville de Berne, capitale de la Suisse. Une bagarre qui a dégénéré parce que les autorités avaient interdit une contre manifestation de gens de gauche qui entendaient protester sur la tenue d’une manifestation de la droite, du parti UDC. Un parti dit du centre qui fait depuis longtemps la guerre aux immigrés, aux étrangers, ce qui n’a jamais porté à conséquence vu qu’en Suisse ces derniers représentent plus de 20% de la population, largement plus que tous les pays européens.
La Suisse est politiquement une démocratie exemplaire, même si, comme dans toutes les démocraties occidentales celle-ci est en quelque sorte confisquée par les milieux économiques et financiers. Alors ce dessin doit avoir été fait par un de ces idiots d’américain qui ne connaît le monde que par les informations de la CIA dont l’essentiel du boulot consiste surtout aujourd’hui à faire de la désinformation. Mais il n’y a pas que le Times qui ait rendu compte de cet évènement. La plupart des grands journaux s’y sont mis comme si cela n’était jamais arrivé. Comme si la Suisse avait toujours été ce pays de cocagne ridicule, où tout le monde est riche et où le fric coule par les fenêtres des banques comme le lait des pis des vaches avec lequel on fait du chocolat et même des montres en chocolat. Suggérer que la Suisse devient nazie parce que certains voudraient réguler l’immigration est une absurdité. D’autres pays européens ont pris des mesures bien fortes à ce propos. L’Allemagne, la France, l’Autriche, l’Italie en j’en passe, accueille proportionnellement bien moins d’étrangers que la Suisse. Et lorsque les statistiques montrent aux gens que plus de la moitié des gens qui peuplent nos prisons sont des étrangers, qu’ils commettent plus que la moitié des délits et des crimes alors il ne faut pas s’étonner si les citoyens en ont un peu marre que des villes comme Genève soit par exemple quasi entre les mains de la maffia russe, kosovare ou albanaise. Et puis, les gens, même les petits suisses ne sont pas aussi cons pour croire que les partis de droite, surtout ceux qui roulent pour l’industrie, soient animés par une raison humaniste lorsqu’ils défendent l’immigration. Ces gens qui arrivent sont une manne du ciel, facile à surexploiter. Leur nombre pèse sur les salaires parce que, comme ils disent, c’est bon pour la concurrence. Oui, les travailleurs suisses aussi entre en concurrence avec les travailleurs étrangers et les seuls qui en retirent des bénéfices et des profits juteux ce sont les employeurs. Comme partout, ici aussi les conditions de travail se dégradent à grande vitesse, des conventions collectives – comme dans le bâtiment – sont abandonnées par le patronat. Et justement, le syndicat vient de lancer une grève afin d'obliger le patronat à signer la convention collective et menace de faire barrage aux accords bilatéraux avec l'UE à la libre circulation. A noter que ces accords avaient été acceptés par le peuple en 2000 et 2005 grâce au soutien des syndicats. Mais le dumping et la précarisation sont passés par là et le patron des patrons qui use comme souvent d'un discours fasciste n'a pas hésité à répondre que le syndicat prenait en otage l'économie suisse. Rien que ça! En général les preneurs d'otages on les descend ou on les met à l'ombre. Méthode thatchérienne. Et comme pas hasard, tout ce qui augmente de prix n’entre pas dans les statistiques du cout de la vie et de l’inflation. Et dans le même temps, comme dans ce pays stupide de l’Amérique les grands patrons de l’industrie empoches des salaires ÉNORMES ! Des dizaines de millions par ans – j’ajoute une note personnelle – j’ai une retraite de 772.- francs suisses par mois, c’est presque le RMI en France et le cout de la vie ici est 40% plus cher que dans l’ensemble de l’Europe.
Alors si jamais il y a un courant nazi en Suisse c’est bien le courant ultralibéral qui nous vient des Etats-Unis d’Amérique. C’est la guerre de tous contre tous, le ressort culturel et ethnique qui est tendu par un système qui ne fonctionne que par exclusion. Les plus faibles n’ont plus qu’à crever… Et je n’ai pas vu les avions américains bombarder les camps d’extermination nazis, mais j’ai vu l’Amérique accueillir des milliers de nazis, des milliers de criminels couverts de sang rien que pour sa fichue guerre froide. Ce n'est pas non plus les Suisses qui ont expédié des hommes sur la lune grâce à un criminel nazi et la Suisse des années soixante n'était pas un pays raciste et ségrégationniste. Aussi, en matière de nazisme l’Amérique n’a de leçon à donner à personne. Ce ne sont pas les nazis suisses qui ont massacrés 5 millions de Vietnamiens, qui ont transformé Cuba en prison, qui font la guerre en Irak etc. Le New York Times est parfois hystérique quand le pays l’est.
Ici je m'emballe un peu mais il y des choses qui me font chier en particulier quand elles viennent de l'Amérique. Et si la Suisse perd sa démocratie au profit d'une sacrée foutue oligarchie de merde c'est bien grâce à ces brutes de yankees que tous les singes de la planète copient. Avant on avait le choix entre la peste et le choléra aujourd'hui on a les deux sans choisir et ils parlent anglais. Shit, son of bitch!
lundi, octobre 15, 2007
Le sexe de la femme.
Donc, tout change….
Combien de fois par jour – tout change – c’est plus comme avant – nous disons : mon œil ! Mon cul oui ! Et ce pour une très bonne raison, c’est que rien ne change vraiment, au fond. Juste à la surface, l’infrastructure quoi. Mais au fond, on est toujours fixé sur la configuration historique de nos préoccupations basiques. Le sexe et son rejeton débile la religion avec les corrélats indissociables la répression et la culpabilité. Toujours la peur des femmes, la haine des femmes, amour-haine des femmes. Depuis l’ancien test-amant et la toute première femme tuée par votre dieu unique cette malheureuse Lilith dont Adam ne voulu point qu’elle fut son égale. Aussi, il est de plus en plus question du sexe de la femme, mystère de tous les mystères et l’origine du monde – de quoi faire se ratatiner toutes les bites de nos machos invétérés. Le sexe de la femme, première blessure narcissique des mecs. C’est de là qu’ils sont jetés au monde et point de cuisse de Jupiter. Et les mecs ça les fâche, ça les angoisse, tourneboule et surtout les agite du bocal. Ils en finissent plus de fantasmer en bien et en mal, d’en faire de l’art et du cochon, du divin-abject-objet de haine passionnée et meurtrière. On y pratique aussi la déconstruction, l’errance vers des origines qui nous emmènent vers la nuit des temps d’avant, avant le big bang, d’avant être, comme Pascal Quignard dans son beau livre au titre incontournable « Le sexe et l’effroi » - « Il y a une cité divine et violente, derrière la cité humaine, et qui hante toutes les vies et qui a les traits de l’animalité, qui est toujours nue : le monde utérin, sombre, jaillissant, originaire, sexuel… »
Dans Le Monde du vendredi 12 octobre, le professeur Abdelmajid Chafi ancien doyen de la faculté des lettres et sciences humaines du Tunis écrit, entre autres : « Les fondamentalistes sont hantés par le corps de la femme. Il fantasment sur les attributs féminins et occultent la dimension humaine, personnelle et intellectuelle de la femme (…) On a pas besoin de recourir aux thèses féministes pour constater l’inégalité foncière qui frappait tous les membres des sociétés traditionnelles sans exception, les femmes étant placées tout en bas de l’échelle sociale, juste avant les esclaves ». Ils étaient « sous la coupe d’une aliénation mentale. »
Il va de soi que pour les uns nous avons tous des origines animales et pour les autres seuls les hommes échapperaient à cette ignominie… Il fallait être un grand singe pour inventer une idée pareille. Mais bon, tout cela est une histoire sans fin faite de bruit et de fureur racontée par des idiots. Il arrive pourtant, parfois, que certains vivent vraiment la Scène Originelle. C’est arrivé et ça arrivera encore et ça traumatisera encore quelques enfants qui vous diront que papa faisait mal à maman et qu’elle criait. Alors l’aliénation aidant, propagée par les discours religieux dont la légitimité n’est jamais fondée que sur l’autorité, il va de soi que ce n’est jamais de la tendresse et de la douceur de l’amour qu’il faudra arracher les cris d’une femme mais par la violence et la brutalité. Et Sade qui s’est donné tant de peine pour faire entrevoir sans voile cette propension que tout homme à de n’être qu’un Dolmancé n’a servit qu’à l’imaginaire de ceux qui se prennent pour des aristocrates de la sexualité.
Toujours dans le même Monde je lis un articles consacré à l’écrivain égyptien Alaa El Aswany dont je n’ai rien lu mais peut-être allons-nous nous y mettre. Son roman se passe dans la communauté égyptienne de Chicago – le titre c’est justement « Chicago ». Pour lui, la maladie du monde arabe c’est la dictature. Et l’extrémisme religieux est le résultat de la répression politique. Sans doute. Mais où sont les régimes islamiques qui ne soient pas répressifs ? Où sont-ils les régimes islamiques qui favorisent l’émancipation des femmes ? Bon, oui, nous le savons bien, enfin, quand nous disons nous le savons bien – disons plutôt que nous l’avons vu et observé trop souvent – que des victimes, maltraitées par des salauds qui se disent encore plus victimes qu’elles – pace que les salauds se font toujours passer pour des victimes – adhèrent à l’autre pensée victimaire et font malgré elles ami ami avec leurs bourreaux et parce qu’elles deviennent deux fois plus victimes elles ont toutes les chance de vendre leur calvaire à un tabloïd à la con. Donc, nous savons des femmes qui, en toute bonne foi acceptent de se castrer, de se torturer elles-mêmes, ne serait-ce que pour échapper aux tortures que leurs bourreaux ne manqueraient pas d’exercer sur elles si elles résistaient. Pour échapper à la violence de bourreaux, à la violence des pouvoirs mieux vaut se torturer soi-même – comme on dit, on est jamais mieux servi que par soi-même.
Soit, d’aucun dirons que c’est plus compliqué que cela. Mais non. Si nous cédons si facilement à ce type d’aliénation c’est en vertu du sentiment de culpabilité qui nous habite tous plus ou moins. Qui n’a rien à se reprocher ? Bref, que la répression politique y soit pour quelque chose admettons-le, sauf que les religions n’ont jamais été que des systèmes d’oppressions par d’autres moyens, des systèmes intériorisés. On est son propre oppresseur, son propre bourreau. Pas de pire ennemi que soi-même. Nous voulons dire l’autre, les autres qui sont en train de se chamailler, parce que ça traîne, parce depuis un moment nous voulions surtout mentionner quelque chose qui est arrivé à Alaa El Aswany dont le roman a été publié dans le quotidien Al-Doustour. Dès le premier épisode, les protestations ont fusé. « Si la jeune fille voilée a une relation sexuelle hors mariage, prends garde à toi ! » Menaçait régulièrement un lecteur. Ah oui, nous avions presque oublié que le propos de ce matin ensoleillé c’était le sexe de la femme et la religion.
mercredi, septembre 26, 2007
Télévision.
Cet après-midi, après voir mangé une fondue arrosée de williamine et de quelques cafés je me suis – nous nous sommes vautrés devant la télé. En passant d’un programme l’autre on s’est mis à penser aux vieux et aux malades, aux chômeurs et aux glandeurs à tous ceux qui n’ont ni le goût ni la possibilité de faire autre chose et alors là ! Mes aïeux… ! Quelle horreur ! Entre un documentaire sur les fourmis tueuses, les dessins animés pour tout petit et presque encore petit mais déjà presque grand, encore des bestioles et qui causent, qui se bouffent le naze et se tapent dessus naturlich, sans rien dire des rediffusions des vieilles merdes yankees qui n’ont d’autre effet que de foutre en l’air la nostalgie, et les vieux polars fachos allemands pour couronner le tout d’un chapeau air-du-temps de Weltgeist en forme de poltergeist. Et c’est pas tout parce que même le bon doit donner aux vieux et malades l’envie de quitter au plus vite cette planète de merde noire comme le continent africain – et pour ceux qui pourraient croire qu’il n’y a que les noirs quoi soient noirs et pas la nuit et c’est naturellement de la nuit que je cause, comme celle s’abat sur le Zimbabwe du sieur Mugabe celui-là même qui se fait applaudir par les chefs d’Etats africains tandis que des millions de ses sujets fuient le pays pour trouver de quoi bouffer un peu et c’est pas être raciste de pousser un coup de gueule sur ce continent bouffé par la corruption des élites qui ont trouvé dans le pouvoir politique un bon moyen pour s’en mettre plein les poches tandis que les peuples crèvent la dalle. Après ça les malades doivent entrer en agonie parce que ça peut pas ne pas rendre encore plus malade qu’on est de voir des choses pareilles. Nous qui sommes bien portant, enfin je crois, ça nous fait ni chaux ni froid et comme on dit peu me chaut. Parce que si l’Afrique est bien le berceau de l’humanité c’est tout naturellement que les berceaux finissent toujours par sentir la merde. Déjà à l’origine il parait qui nous avons fuit ce continent aussi je ne comprends pas que quelques uns y soient retournés. Ils auraient dû se renseigner. Aller vivre parmi les hyènes, les lions, les éléphants, les serpents, les buffles, les girafes, les phacochères, les impalas, la gazelles, et milles autres bestioles pas vraiment fréquentables y fallait un sacré culot. Mais à ce propos y aura bientôt plus de souci, plus que des musées et quelques ghettos. Et parmi la misère ambiante aussi quelques oasis paradisiaques entourées de barbelés pour milliardaires pourris. On est pas obligé toujours de faire dans la dentelle… comme partout il suffit de distribuer quelque poignées de dollars dans les bonnes poches et là bas les prix c’est pas comme à Tokyo London ou Zurich et quand un flic botte le cul d’un zimbabwéen ça fait pas la une de Match ou de la NZZ. Nos vieux en sont bien conscients. Bon, on voulait juste dire combien on se fait chier devant la télé un après-midi sans soleil, parce que nous n’avons rien dit de la pub. On peut pas, on l’a déjà tout vomie.
mardi, septembre 25, 2007
Crime passionnel.
Je viens juste de me réveiller, il est tout juste 06.30 et 10 minutes après 2 cafés et 2 cigarettes et après avoir pensé à Walser et à Céline – allez savoir pourquoi – et pensé que Walser était chou – fou avec un accent – j’allume la 3ème. Vaguement songé aussi à ce que je pourrais écrire aujourd’hui qui restât sinon dans les annales tout du moins dans l’anal de l’histoire de la littérature parce que c’est le moins que je puisse faire avec un QI de 123. Je pense aussi à tous ces types du 20ème siècle qui sont dans notre histoire littéraire et qui furent fascistes ou d’extrême droite et qui passèrent à l’extrême gauche et aux autres qui firent le contraire et je me demande pourquoi une chose pareille peut arriver. En pleine rêverie comme dirait Bachelard et sûrement hanté par la folie je me suis projeté dans la tête d’Hitler et j’ai voulu voir – c’est un comble ! – comment, pourquoi, qu’est-ce qui ce passe ? – tandis qu’à une certaine époque il défendait les Juifs et même il les aimait bien – a-t-il pu vouloir désirer les exterminer – Et le matin dans sa tête ne lui est-il jamais arrivé de se dire – mais qu’est-ce qui m’est arrivé ? UN CRIME PASSIONNEL ? Tous ces mariages d’amour qui finissent en divorces féroces – Toute cette passion amoureuse qui finit en passion meurtrière… et comme on est ici toujours dans l’intertextuel ça fait pas un pli, surtout ici, que dans tout le net et sa flouité que je pourrais trouver des arguments pour et des arguments contre cette thèse. Mais c’est plus mon genre. Là aussi j’ai changé. Avant, j’allais dans mes bouquins, frénétiquement je tournais des pages à la recherche d’un mot que je notais puis un complément et je construisais un édifice dont la seule ambition fut qu’il tienne debout. En somme j’étais dans l’articulation des CONCEPTS. Ce n’est pas que j’aie peur de devenir fou mais je me demande seulement si c’est le monde ou moi qui le devient. C’est une bonne question non ? Parce que en devenant fou soi-même on ajoute forcément de la folie au monde – une forme de pollution. Parce qu’en matière de pollution j’en connais au rayon – le matin. Le matin j’aime bien faire l’amour encore à moitié endormi sinon complètement comme Adam – référence de merde naturellement. Mais quand je suis seul dans mon lit je lis une main sur mes couilles alors forcément se mélange l’ignoble et le sublime – une histoire en abîme. Sûrement on ne devrait jamais dire « je » mais « on » parce qu’on est toujours nombreux, au moins 2 mais plus fréquemment 3 c’est bien connu. Tirés à hue et à dia. Heureusement qu’on conserve en toute circonstance une certaine souplesse ! Que nos rapports aux choses sont élastiques. On dit heureusement pour malheureusement parce lorsqu’elles vous reviennent en pleine gueule ! On est comme l’homme qui dort. Le réveil est brutal. Le monde minuscule. Une image floue, une Weltanschauung. Surgissent des icônes qu’on a pas choisies et des associations douteuses et on est dans tous ces états. Des Etats déchirés comme l’Ukraine dont j’ai regardé hier soir un reportage à la télé, un Etat divisé, mais là Huntington a raison de dire « déchiré ». A hue et à dia. Tous ces craquements sont la rumeur du monde – et ma toux alors ! Bordel, si un battement d’aile d’un papillon peut provoquer une catastrophe là-bas pourquoi pas une quinte de toux ! Quand je disais que je polluais, pardon, qu’on polluait.
lundi, septembre 24, 2007
Le sens et moi.
« L’ours et la théorie de la morale ».
Ce titre me fait penser à ce witz déjà raconté. Un cours de sciences-nat, les étudiants doivent pondre un écrit sur l’éléphant. Un allemand rend sa copie, titre : la puissance de l’éléphant. Puis c’est un Français : la vie sexuelle des éléphants. Vient un Anglais : la chasse à l’éléphant, enfin un juif indéterminé rend sa copie, titre : l’éléphant et la question juive.
Mais bon, pour comprendre l’incompréhensible humain on s’est mis dans la peau d’extraterrestres, de hérissons, de sauterelles et j’en passe, vu que nous devons être tout ça à la fois. Le Moi est dans le même rapport au monde. Comme un étranger, un exilé qui doit apprendre chaque jour une nouvelle langue. La langue du lieu, la langue maternelle, celle des sourds muets, sans parler de la logique, la première langue du monde fondée sur le langage et les signes les plus primitifs, comme les sens interdits, les sens uniques, les non-sens, les sens communs etc. Le Moi a affaire à une sorte de palimpseste, en tout cas cette partie du Moi confrontée au sens des choses qui lui arrivent par-delà les pulsions ou plutôt au-delà des pulsions. Parce que les mots parfois comme les choses entrent dans un rapport subjectif qui transcende la logique. Le Moi est moins logique que pratique et il n’a le souci que de lui-même au risque de se perdre.
Le bon sens, nous disait Descartes au début de la méthode, est la chose la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu que ceux mêmes qui sont les plus difficiles à contenter en toutes autres choses n’ont point coutume d’en désirer plus qu’ils n’en ont.
Common sense, said to us Descartes at the beginning of method, is the best shared thing: because each thinks be so definitely provided that those the same who are the most difficult to satisfy in all other things have usage to want it more that they have it.
Gesunder Menschenverstand, sagte uns Descartes am Anfang der Methode, ist das beste geteilte Ding: Weil jeder denkt, so bestimmt zu sein vorausgesetzt, dass diejenigen, hat dasselbe, die am schwierigsten sind, in allen anderen Dingen zu befriedigen, Gebrauch, um es mehr zu wollen, dass sie es haben.
Menschenverstand sain, nous disait Descartes au début de la méthode, est la chose divisée la meilleure : Parce que chacun pense être commandé comme ça à condition que ceux, ait le même qui sont les plus difficiles de satisfaire dans toutes les autres choses, l'usage pour vouloir plus qu'ils l'aient.
Un retour à l’expéditeur. Traduction automatique. Voilà à quoi le moi avec un petit m est ici confronté face au monde des événements.
Et à la fin notre cher Descartes écrit : Et si j’écris en français qui est la langue de mon pays, plutôt qu’en latin, qui est celle de mes précepteurs, c’est à cause que j’espère que, que ceux qui ne se servent que de leur raison naturelle toute pure jugeront mieux de mes opinions que ceux qui ne croient qu’aux livres anciens.
Le moi, quel acharné lecteur de livres anciens.
L'ours et moi.
Bon, je continue… enfin, disons plutôt que je recommence. Commencer quelque chose, ça ne s’arrête pas, jamais, même si c’est pour continuer et continuer quoi ? Quant il n’y a rien de continu ? Et je dois avouer que ça devient de plus en compliqué, dés lors qu’à chaque mot une petite voix te demande – mais qu’est-ce que tu veux dire en parlant de « savoir », de « sujet », d’ « individu », de « tout » et de « rien ». Franchement, ça vous coupe les ailes, même quand vous n’êtes pas un oiseau et du coup alors c’est la déprime. Pourtant, comme tous les lundis matin je devrais être « heureux ». J’entends les rumeurs de la rue, les bagnoles surtout, et je vois tous ces pauvres gens la gueule pâteuse et les paupières lourdes foncer à leur travail, avec dans la tête les souvenirs bons ou mauvais du dimanche qui se mélange à des images du bureau, de l’atelier, du chantier, du vestiaire, de la salle de classe… des images de la femme ou du mari, des enfants et des collègues, un si foutu capharnaüm qui exige un minimum d’ordre pour fonctionner correctement… Ouais, de n’être plus soumis à pareille exigence ça devrait me réjouir. Parce que c’est quoi à côté se coltiner les mots ? Un amusement, une jouissance ? Bon d’accord, les gens et les mots on peut agir avec eux de la même manière, un qui ne vous plait pas, ne convient pas, on en choisi un autre… certes, mais on introduit là alors une différance, le mot signifie a peut près la même « chose » il est un synonyme et dans un certain sens – jamais certain pourtant – et un individu du genre humain est synonyme d’un individu du genre humain. Toutes ces nuances, bordel de merde ! C’est bien ça qui fait la différence ! Toute la différance. Pourtant je ne suis pas du genre à chercher l’harmonie, l’homogénéité, loin de moi ces vanités. La plus belle des symphonies n’est jamais qu’un bruit parmi d’autres qui le dispute aux marteaux piqueurs, à la quinte de toux. Le bruit c’est la vie. Moi, c’est souvent les cloches de l’Hôtel de ville qui me ramènent à la vie le matin, ou bien la sonnerie de mon téléphone, jamais les bruits de mon organisme. C’est bizarre, non ?! Mais non, rien de bizarre là-dedans. Enfin si, tout de même. Imaginez-vous dans un scanner tout entier immergé en train de contempler et d’écouter des heures durant les multiples mouvements, ruissellements, battements, grincements, les fluides et les bouchons, le grouillement monstrueux des bactéries, des globules, les sucs et les acides à l’assaut des morceaux de tartare, de la salade, cette descente vertigineuse dans l’égout du corps intérieur qui se précipite vers la porte de sortie fermée et qui s’entasse dans le bol… Ah le bordel ! Le malaise ! C’est rien la ville à côté ! Mozart et Beethoven. La philosophie continentale et l’analytique. Rien que des rapports de force comme disent les nihilistes, et y a pas loin que j’en devienne. Parce que même à l’intérieur on n’est pas à l’abri de ce principe.
D’accord, j’avoue – mot que je déteste – cette espèce d’extase je la dois à la lecture du « Monde des Livres » et en particulier à l’article consacré au philosophe Vincent Descombes que je n’ai jamais lu et que même je ne connaissais pas, c’est dire mes lacunes. Mais, au fond ce Descombes n’est rien d’autre qu’un pragmatiste comme Rorty, Dewey et d’autres – avec des nuances. Et moi aussi, grosse modo, et depuis assez longtemps j’en ai un peu marre de la phénoménologie et de son jargon élevé au plus haut niveau par le nazi Heidegger. Marre de l’ « Etre », de l’ « essence » et de la métaphysique en générale. Mais bon passons. Je lis donc le petit article en bas à gauche « Le Raisonnement de l’ours ». C’est l’histoire d’un ours qui veille sur le sommeil d’un vieillard menacé d’être interrompu par une mouche posé sur son crâne. Malin, l’ours prend un pavé et écrase la mouche et le crâne du vieux par la même occase. Ca, c’est naturellement pas de la « rationalité pratique ». L’ours devrait savoir qu’il a avait une autre solution. Qu’on peut faire des omelettes dans casser des œufs, en évitant les dommages collatéraux. Mais nous savons depuis quelques temps que les ours ne pigent rien à la philosophie. Les ours sont nuls, monomaniaques. Ils n’ont pas du tout de sens moral, que ce sens relève de la Révélation ou de la philosophie. Tandis que les hommes… Alors là, ils disposent de toutes une panoplie de dispositions, de facultés. Il n’est qu’à voir un peu l’histoire, leur histoire pour s’en convaincre. L’homme est beaucoup plus intelligent que l’ours ! La preuve est que les ours ont sans doute tué bien plus d’hommes que les hommes n’ont tué d’ours. L’ours est dans un conflit entre la faim et les moyens et l’homme dans cette problématique de la fin et des moyens. Mais bon, désormais l’homme est un ours pour l’homme et donc l’homme est un ours comme les autres. Ours, loup quelle importance, l’homme reste un animal. La preuve, les Américains et leurs suppôts en Irak et ailleurs. Les hommes partout. La loi du plus fort et c’est lui qui fait la loi et la loi c’est moral, la loi et la force. Pour que la philosophie puis fournir une morale il lui faudrait autre chose que la force du raisonnement parce que même la pertinence d’un paradigme fondé sur le respect de la vie – disons comme le sommet de la hiérarchie des valeurs qui fondent les solutions de toutes actions, on a vu, donné. On a tout essayé. Tout accepté. Tout confronté et tout recommencé. Et ça continue. D’un « état mental l’autre ». Le goût de la littérature. Vivement que les ours s’y mettent !
mardi, septembre 18, 2007
Soirée.
Hier soir je suis allé boire une bonne bouteille avec un ami. Il avait préparé de belles assiettes de jambon de Parme, de viande froide des grisons. J’avais amené une bouteille de « vino verde » portugaise. C’était cool. Il est prof de biologie à l’uni, il vit trois étages au-dessous de chez moi et on peut dire qu’il est encore plus anti-américain que je ne suis anti-islamique. Personnellement je comprends son anti-américanisme. Je le suis aussi mais à cause de l’Irak. Je le suis depuis la guerre du Vietnam, depuis le blocus de Cuba et tant qu’ils empoisonneront le monde et nos intellectuels à la gomme qui en rajoutent dans l’anti-castrisme. Par exemple ce pauvre Kouchner avec son débile droit d’ingérence, et son hypothèse guerrière au sujet de l’Iran. C’est pas que j’apprécie la république des mollahs… Au reste, je ne sais plus franchement si j’aime encore quelque chose dans ce monde de brutes et de débiles religieux. Même la Ségolène qui s’y met en citant la bible. C’est dégoûtant. Un nouveau Moyen-âge ! Bon, on a pas causé d’icelle, juste un peu du petit empereur Sarko et de son léche-bottes sur les terres yankees, mais pas plus que ça. D’ici à ce que le Kouchner cite aussi Jésus pour justifier son hypothèse belliqueuse, dans le genre : je ne suis pas venu apporter la paix mais la guerre… Y sûrement pas plus de trois décilitres de bourbon.
Pour ma part, personnellement cela fait depuis la fin Mars que je suis à la retraite. Oh ! Elle est pas terrible ! 772.- francs suisses par mois ! Alors j’ai demandé une aide complémentaire parce que j’y ai droit. Je vous dis pas les tracasseries ! C’est pas comme l’AI, l’aide sociale, que même des gros dealers turcs qui roulent en BMW touchent sans qu’on les contrôlât le moins du monde. Il parait que les quelques dizaines de millions que cela coûte – je parle des abus – c’est rien du tout ! Mais pour mes trois cents balles d’aide alors là, c’est la galère ! Alors que je suis à la retraite je dois même fournir une lettre de congé de mon employeur. Tandis que des milliers de personnes touchent l’aide sociale avec pour toute justification le coup du lapin. Merde, c’est vachement pratique, devant ce coup-là les toubibs sont désarmer, impossible à prouver. Moi, avec ma petite rente je dois même prouver que je n’ai pas d’assurance sur la vie. Une assurance sur la vie ! Et quoi encore ! Je ne me suis jamais marié, je n’ai pas l’ombre d’un enfant… alors à quoi bon une assurance sur la vie ! C’est sûr, ils veulent me faire payer ma légèreté, mon manque de participation à la sauvegarde et à l’accroissement de cette espèce humaine ! Putain, faut être le pire des égoïstes, le plus fieffé des salauds pour jeter un enfant dans ce monde… pour laisser derrière soi un être contre lequel tous les autres vont se dresser pour le dresser. En faire un Travailleur ! Une aliénation parfaite ! Une machine à produire et à reproduire. Production et reproduction… voilà les deux mamelles de l’avenir. C’est pas nouveau, je le sais bien… quoique, depuis que j’ai lu « De la certitude » de Wittgenstein, que je participe au « jeu du langage » je suis logiquement toujours dans la redondance et surtout dans la tautologie, parce que, « on ne conclut pas à l’état des faites à partir de la certitude qu’on en a. » Evidemment.
Mon ami m’a dit une chose qui me parait assez juste. Il a dit ; le drame des Américains c’est de n’avoir jamais connu le socialisme. Il a raison. Croyant dur comme fer que le capitalisme est le système le plus naturelle de production, qu’il découle des lois de la nature et que la nature la plus pure c’est la jungle, ils n’ont aucune raison de ne pas vivre comme des sauvages et de vouloir que le monde entier vive comme eux. Même si, et surtout si c’est à crédit et dans un rapport à la nature identique. Ils pensent que la nature elle-même va leur faire crédit indéfiniment. C’est ainsi qu’ils agissent naturellement plutôt que volontairement. Au fond, ils sont comme les nazis. Et les guerres qu’ils mènent contre l’islam c’est comme la guerre entre les hitlériens et les staliniens. La peste contre le choléra.
Il m’a aussi conseillé d’aller voir le dernier documentaire de… de… bon, voilà que son nom m’échappe… cet Américain, moins féroce que Noam Chomsky, hein, mais qui va dans le caca des USA et son système de santé de merde. Bon, je dois aller le voir. Mais j’ai lu dans une article du Temps, journal bien pensant et ultra-libéral, une critique débile dont j’ai retenu que l’auteur bien connu de ce doc critiquait un système de santé dont nous, les Suisses, mettons en pratiques une série de ces idées géniales pour assainir notre propre système de santé. Une Grande santé pour les riches, une petite pour les autres. Ce mimétisme de singe c’est ce qui s’appelle en Suisse : Idée Suisse. L’idée majeure chez ces zélotes c’est – faisons comme les Américains. Et soit ! Depuis que notre ennemi commun l’URSS est défunte nous n’avons plus ennemi que le peuple lui-même. C’est plus pratique et ça coûte moins cher et à l’Etat et aux patrons, ce qui revient au même. Mais le jambon de Parme était excellent, et la viande froide, et le vino verde idem. J’étais même un rien fait à tel point que j’ai fumé trois cigarettes alors qu’ils est non fumeur mon ami. Et ça aussi je trouve que c’est dégueulasse. Je fume aussi en présence de mon amie non fumeuse et qui déteste ça… c’est dire combien je suis dégueulasse !
jeudi, septembre 06, 2007
Bricolage.
Je suis condamné à me répéter sans cesse. Par exemple chaque fois que j’allume une cigarette : « quel con! » Ou bien : « tu es suicidaire ». Aux chiottes pareil. « Merde, ça pue ! » Je me regarde dans le miroir de la salle de bain : « Merde, qu’est-ce que tu es vieux ! » Ou bien : « Bon, et alors ! C’est pour tout le monde la même chose ! » …………………………………………. Un foutu temps mort ! Tout juste si ça gazouille ! Des clapotis ! Rumeurs de fonds. Envahi par du bruit physiologique. Ipséité caverneuse, guerre des choses. Inclusions exclusions. Faire la différence, toujours ! Répéter c’est encore différer. Le statut c’est une compulsion un peu forclose. Il n’y a pas débat, à peine si quelque chose s’y débat, casse de la vaisselle. Bagarre, c’est une re/pétition de principe et j’insiste. J’ai du bide de plus en plus. Immobile. D’une pièce l’autre et les couilles entre les jambes qui ballottent. Vraiment. Je ne sais plus quoi penser cogiter hyperboliser. Si je pense que nous sommes toujours déjà dans le futur c’est nous inscrire dans un destin et ça ça me fait chier tout comme cette possibilité d’une histoire universelle dans nos gènes codifiés – le reste ne relève plus que de l’interprétation. L’autre jour, à la télé, C dans l’air, quelqu’un disait que tous les hommes d’idées du parti socialiste avaient fichu le camp et que c’était justement les idées qui manquaient au parti. Ca m’a fait rigoler. En France on a toujours pas de pétrole mais voilà que de surcroît on a plus d’idées. Foutaise ! C’est pas les idées qui manquent. C’est juste qu’elles ne sont pas un principe d’action. Les idées sont à la pratique ce que la réaction est à l’action. Dans le même dilemme que la poule et l’œuf. On se jette dans l’action et on se projette dans la pensée. Et si c’est l’œuf qui a choisi la poule pour se reproduire on est bien là dans l’éternel retour du même.
Par là je veux aussi dire sans rire que nous sommes postmodernes avant même d’avoir été vraiment modernes. Pour dépasser la modernité il faudrait réaliser sont concept débarrassé des mythes et des formes de la pensée médiévale voire antique qui ne cessent de le plomber. C’est bien joli de vouloir toujours faire l’«Histoire » des concepts, l’ « Histoire » de l’histoire que cela soit celle de la philosophie ou de l’universalité. Je dis bien joli parce que c’est ce qu’il y a de plus naturel vu que l’esprit, je veux dire la pensée cohérente n’a jamais procédé autrement. C’est là le symptôme d’une accumulation voire d’une érudition qui vaut généralement son pesant d’or. Parce que le réel est l’impossible par excellence bien que selon certains penseurs il soit aussi rationnel, nous voilà toujours obligé de bricoler dans la fiction jusqu’au point où elle parait adéquate à son sujet bien plus qu’à son objet. Il y a toujours dans les traces de l’histoire des faits ou des arguments ad hoc – pouvoir de l’interprétation – qui nous fait mettre le doigt sur la chose ou les mains dans la merde. Chaque esprit révise selon ses affections et une position qu’il s’agit toujours de défendre contre vents et marées. Une fois que nous avons pris la mesure de l’animalité de l’être soi-disant humain puis trop humain nous sommes encore loin du trop moderne cette ombre par-dessus laquelle nous sautons allégrement parce que nous somme tellement les plus intelligents de toutes les espèces vivantes comme si l’intelligence était le degré supérieur de tous les instincts qui participent à l’histoire de tous les genres.
Qu’est ce qui réagit en nous lorsqu’on nous dit que nous venons de découvrir dans notre univers un espace colossal large d’un milliard d’années lumière vide de toute matière, absolument vide !!?? Est-ce qu’une si inouïe découverte provoque un effet psychologique, dans la mesure où elle est incompréhensible, est-ce qu’un instinct est ici sollicité et lequel, sinon l’instinct de survie vu que ce vide énorme pourrait être comme le cancer de l’univers, une maladie mortelle qui est en train de s’étendre jusqu’à nous ? Une telle découverte donc nous menace. Mais c’est parce que nous nous sentons toujours menacés. Parce que si nous faisons cette découverte aujourd’hui on peut imaginer que c’est parce que ce vide grandi et que nous ne le percevions pas encore lorsqu’il était encore trop petit ! Peut-être, le vide, comme le nihilisme sont-ils les ultimes propriétés authentiques de notre univers. Mais nous tenons tellement à notre peau ! Et c’est aussi tellement normal ! Parce que sans elle, quelle horreur ! Quelles odeurs ! Jésus avait bien raison de dire que rien qui entre en nous est mauvais, seulement ce qui en sort. Et encore, de la bouche ! Ah nous pourrions en dire tant sur les haleines ! La puanteur des mots ! Flatus… maladie vénérienne, vénérable ! Ces remontées de viscères, de mal digestion, d’ulcères là, dans les sons, l’ambiance ! De la philosophie contre les grincements de dents, de la théologie contre le mal de dents. Reconnaissons que nous avons bien fait les choses et que nous sommes encore dans cet âge inauguré par Hegel, malhonnête, régi par la magie des mots éclatants et par le pouvoir du jargon, comme disait Popper. Ah zut ! Hegel, Popper, Karl Popper et Karl Marx la dialectique et ses ennemis. Nombreux sont ceux qui les ont encore dans la peau. Et ça démange, ça gratte et grattouille jusqu’à l’âme… Je veux dire jusqu’au sang.
lundi, août 20, 2007
Le léger et le lourd.
C’est parce que nous sommes toujours déjà et encore des primitifs que nous projetons d’abord nos perceptions intérieures pour construire une image du monde. Que nous sommes encore et toujours habités par la volonté active et créatrice qui le dispute sans cesse aussi à la volonté réactive encore que dans un rapport inversé, quand ce qui fait signe à l’intérieur n’est qu’une trace que l’oubli n’a pas encore effacé ce qui rend compliqué parfois la transposition qui doit nous mener vers des objets extérieurs parce que nous sommes tellement narcissiques ! Primaires ou secondaires peu importe. La peau n’est plus cette coupure mais je ne suis pas pour autant transparent et tous les archétypes ne suffiront jamais.
L’autre jour je suis sorti de chez pour aller acheter des clopes. Il faisait beau temps et dans l’escalier je me suis surpris à penser, tiens, c’est quand même beau la vie ! Je me sentais tout à cours parfaitement libre et léger, presque assez pour me mettre à danser. Et j’ai compris ce que je savais déjà depuis longtemps mais d’une autre façon, que nous ne sommes libres qu’à la condition que la vie n’ait aucun sens, parce que tous les sens que nous fournit la culture sont autant de limites et d’obstacles à la vie. Mais le beau temps ? Le beau ? Là, dans l’escalier ! Est-ce que le beau serait d’emblée comme un sens que nous sommes sommés de poursuivre depuis qu’on l’a associé au bien comme le fait que je me sentais alors bien ? Et se sentir bien, ne serait-ce que quelques secondes serait-ce accéder au statut de surhomme déjà baisé par l’esclave réactif et triomphant ? Bon, je crois bien que tout cela n’était qu’entourloupette, ruse de la raison où qui sait quoi « encore ». Parce que ce genre de sentiment ne dure en somme que le temps d’un orgasme. Débarrassés de nos peurs quand « bien » même on ne fait que prévoir le pire justement dans une totale indifférence, cette légèreté bientôt alourdie par la mémoire, ce sac de vipères culturelles qui vous sifflent à l’oreille le terme d’ « ataraxie ».
Le poids des mots.
lundi, août 13, 2007
Sale temps.
Comme d’habitude – quelle rengaine ! – ces temps, j’en fous pas une. Alors pour me bouger, m’articuler, mercredi sur le coup de trois heures tandis qu’un ciel d’automne pas un ciel d’a/out, ni d’aou et encore moins d’out mais d’ou – c’est ainsi parait-il que nous devons prononcer le mois d’Août – sur le coup de trois heures et de tête j’ai décidé de prendre un train pour me rendre au festival des 6 pompes à la Chaux-de-Fonds. J’étais fière. Comme tout nous y incite je bougeais enfin mon cul après avoir débranché tout mon attirail électrique – on ne sait jamais, avec les orages. Il y a quelques années j’avais décidé de participer à un concours lancé par l’Académie de Dijon, pour marquer le coup et se souvenir de Rousseau qui avait empoché le premier prix grâce à son texte : Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes. A l’époque j’avais un traitement de texte qui m’avait coûté plus que mon Pc aujourd’hui. La veille du jour dernier délai pour expédier mon texte planqué dans les entrailles de ma machine je regardais une émission sur Arte consacrée aux catastrophes. Il y avait un superbe orage avec des coups de tonnerre et des fulgurances qui ravissaient mes sens. Mais le lendemain matin je devais imprimer emballer et expédier mes trente pages. Hélas trois fois hélas elles avaient disparu. Pas moyen de les retrouver. J’étais anéanti. Aussitôt j’ai écrit à l’Académie pour expliquer mon malheur et par retour du courrier j’ai reçu une lettre qui disait substantiellement que j’avais de la chance dans mon malheur vu que pour quelque cause dont je ne me souviens pas, la date limite était reportée à plusieurs semaines. Tout ça à cause d’un orage. Evidemment je n’ai pas eu le courage, l’énergie ou quoi que ce soit d’autre pour recommencer.
Donc après avoir tout débranché et moi-même de toutes préoccupations indigentes j’ai pris le train – c’est le train qui m’a pris, en route sous un ciel de plomb, bouché, débile et très triste vers la Tchaux. A mi chemin il tombait des hallebardes. C’était si déprimant que j’ai failli renoncer et faire demi tour. Mais j’avais alerté un pote qui m’attendait. Dans une ville très déprimante avec ses longues rues toutes droites et quadrillée à l’américaine. Une ville qui était passée de la richesse à une pauvreté qui en faisait chialer le ciel. Et moins de 10 degrés de température ! Je grelottais, les muscles bandés à m’en faire mal sous ma veste coloniale et mon petit parapluie à la con. J’ai tout de suite été trempé jusqu’aux genoux sans parler de mes pompes qui pompaient la flotte. L’horlogerie m’avais très vite rapproché de Rousseau mais c’était il y a longtemps lorsque le romantisme avait un caractère révolutionnaire qui affectait davantage les pulsions et la superstructure que l’infrastructure. Parce que, comme le disait Kant en gros, on voit le monde comme on est intimement affecté. Là, je le voyais mal, triste et déprimant. Pourtant, sous le déluge, parmi les buvettes, ils étaient au moins deux à faire leur possible pour chasser les démons du ciel. Une jeune fille toute mince qui se battait avec un accordéon et son pote qui tapait le rythme sur une vieille enceinte. On buvait des vins chaux à fond. Puis on s’est réfugiés dans un bistrot pour se saouler un peu la gueule histoire de noyer notre chagrin qui, hélas, savait nager. Il y a parfois des pulsions qui vous enduisent avec de l’erreur ! Comme on m’avait conseillé de ne pas voir ma mère dans son cercueil pour garder d’elle un plus beau souvenir, jamais ne n’aurais dû venir à la Tchaux par un temps pareil. Je suis reparti le lendemain tout aussi triste en trempé.
mercredi, août 01, 2007
Pro/jet
Bon. C’est juste une façon de commencer qui marque d’emblée l’inconfort d’une situation. Celle de celui qui prétend commencer quelque chose d’autre, ce quelque chose d’indéfini qui interpelle toujours celui qui veut la dire. Je ne veux surtout pas ici non plus rechercher l’essence de cette chose, essence qui n’est au font que la valeur que je lui attribue, moi-même personnellement. Donc, est-ce que j’attribue de la valeur à disons au sens d’un symptôme de tous les mots d’un discours qui prétend en avoir un ? Chaque mot étant symptomatique de quelque chose qui le dépasse autant , me casser tout de suite la tête contre le bord de ma table. On pourrait dire qu’il s’agit – mais il pourrait tout aussi bien s’agir d’une autre chose – de ma volonté. Et comme la volonté ne veut rien la cause de celle-ci est entendue. Car autant demander au bois de l’arc tendu ce qu’il veut ou à la corde ou encore à la flèche. Mais il se trouve que je me pique de. Mais de quoi ? On pourrait dire que je suis piqué et même piqué au vif, donc là ou cela fait le plus mal par l’image du monde que je projette, que mes flèches agissent comme des boumerangs. Ne sommes-nous pas ici dans l’éternel retour du même ? Mais rien que de le supposer j’en ai la nausée. Car supposer que le monde n’est que ce que je lui prête, que cette pure invention – pure hein ! Quelle misère ! – c’est pour le coup que tout discours ne relèverait en somme que de la psychiatrie. Mais c’est bien cette évidence qui me met dans l’embarras. Pourquoi inventer toujours un monde misérable si ne n’est pas pour le rejeter ? Si ce n’est pas d’abord dans le jet que le symptôme du rejet comme sentiment de dégoût, ce manque d’air qui vous saisi lorsque vous passez près d’une fosse à purin ou que l’on entre dans une chiotte dégueulasse. Je vois bien que la nausée se pointe ici en catimini mais le fait que l’odeur des mandarines me fout la nausée bien plus radicalement que celle du purin que, lorsque j’étais enfant, tandis que nous faisions dans la campagne la promenade dominicale forcée, dès que des champs montait cette puanteur du lisier on me disait de respirer profondément, que c’est bon pour les poumons. Alors quoi ? Qu’est-ce qui pourrait y avoir de bon, en somme, dans ce « monde de merde » dans lequel sans cesse je me situe ? Si ce n’est encore et toujours comme une injonction qui me vient du passé comme elles venaient de l’extérieur chez les Grecs par exemple. Revenons donc aux mandarines et à cette odeur qui me fout la nausée. J’étais tout gosse à l’hôpital parce qu’en rentrant de l’école en courant sur la route je me suis jeté sur un mec à vélo et me suis fait casser la cheville. Plâtré jusqu’au genou et dans la merde jusqu’au cou parce qu’un enfant qui ne peut plus courir c’est plus rien. Aussi, il fallait bien se dépasser autrement. Et pour un gosse rien de tel qu’un concours même immobile dans un lit tout blanc et tout frustrant – c’est pourquoi je pense que tous les concours sont infantiles – que les Grecs étaient des enfants dans le berceau de notre civilisation et que tous les berceaux commencent toujours par sentir la merde. Bref, vu que les fruits dit-on c’est sain santé mais presque divin – voyez les pommes ! Il s’était agi de voir qui en mangerait le plus vu que nous disposions de tonnes de mandarines. J’ai oublié qui l’a emporté, moi ou un autre, toujours est-il que j’en récolté une formidable indigestion et que depuis lors… Tout est une question de quantité ? Ne dit-on pas trop de bien nuit ? Ou bien dit-on, trop de biens nuit ? Ou bien, trop nuit ? Mais dit-on jamais trop de mal nuit ? Jamais. Donc, un « monde de merde » ne saurait nuire à celui qui l’invente quand bien même il y aurait vraiment trop de « merde ». Cela ne pourrait être que bon, si ce n’est pour ses poumons, disons pour sa tête puisque tout vient de là. Mais si le monde n’est qu’un symptôme lié à un souvenir d’enfance nous sommes plantés dans le conflit et la confusion entre le passé et le présent, l’immobilité et le mouvement du monde, mouvement qui n’est autre que celui de la pensée même si elle tourne sur elle. Et comment pourrait-elle accomplir un autre mouvement ? Comment la pensée pourrait-elle échapper à son mouvement sans cesser d’être la pensée ? C’est peut-être çA la « merde » La pensée n’est pas un roman avec un début un milieu et une fin. C’est le monde sans fin. La P est aussi un M qui se P le L de la R. Ou disons, la Pensée est un Mouvement qui se Paie le Lux de la Révolution. Mais la pensée n’est pas l’être, c’est la chair. Et sous la chair c’est la puanteur. En ce sens la pensée devrait nous protéger de la puanteur. Inutile ici de faire un dessin. Par la force de l’habitude on retombe comme qui dirait dans le berceau du verbe qui se fait chair. Des verbes, des noms et des adjectifs, des sujets, des compléments etc., tout le matériel est là pour faire un monde qui tourne sur lui-même. Le problème c’est que tout ce matériel dont la matière reste à prouver ne saurait servir d’abris à qui ou à quoi que ce soit… symptomatologie. Logomachie. Enregistrement. Traces. Sillons. Béances. Blessures. Comme le ventilateur de mon ordinateur qui se met en route. Programme. Programmatique.
« la méditation de l’objet par le sujet prend toujours la forme du projet ». Bachelard.
CECI EST BIEN UNE PIPE.
Continuation de se qui se projetait du passé en adéquation avec le futur. Comme tout processus mécanique il y a ici comme une augmentation de l’entropie, une perte d’énergie, parce que toute processus cognitif et donc la pensée se frotte à quelque chose qui lui est presque étranger bien que cette étrangeté puisse jaillir sous la forme du witz, du lapsus ou de la métaphore. Je suis par conséquent dans l’involontaire, l’accidentel et même si je suis un rien parano, je ne le serai jamais assez pour prétendre maîtriser une situation que j’ai choisie parce que rien de se passe jamais comme on l’avait imaginé. Aussi, je pourrais sans scrupule et sans l’ombre de quoi que ce soit exhiber mille grands esprits qui continuent de nous fasciner tout de même par leurs savoirs et leur rigueur et leurs méthode géniales qui se sont tout de même usés la santé pour des clopinettes. Trop bien nuit. Mais d’où peut bien venir la lumière qui me fait de l’ombre, qui projette cette ombre dans laquelle j’avance ? Car je suis bien certain qu’en ce lieu nul ne saurait y voir une sorte de clarté émanent d’une logique quasi mathématique, la possibilité d’une formule.
Une usine électrique.
Dans un de mes cauchemars d’enfant j’ai fait exploser l’usine électrique qui se trouvait à trois cent mètres de la maison.
Les lumières de ma chambre, de tout notre appartement ont vacillé, baissant et augmentant d’intensité puis ce sont éteint tandis que les explosions secouaient la maison.
Une nuit si totale que même les chats ne pouvaient être gris.
La nuit nous jette dans un monde des plus incertains qui fait sous/venir des formes sans substance comme des mots d’une langue étrangère. Le corps lui-même perd ses limites. Et tout devient possible surtout le pire et le pire du pire se montre toujours dans une faible lumière qui fait scandale. Je pense au scandale du paradoxe mais je n’ai rien à dire à ce sujet vu que c’était ma mère. Oh la tête ! Oh le regard ! Si lointaine et si proche et si menaçante ! Encore aujourd’hui elle me fout les boules cette mère-là. J’ai cru qu’elle savait que c’était moi qui avait fait péter l’usine et tous les alentours et jeté toute la famille dans ces ténèbres épais comme sa chevelure.
Du reste, le souvenir de ce rêve n’est qu’un écran. En lui sont tapis d’autres monstres sans doute mille fois plus effrayants.